Le Parlement israélien examine ce dimanche le projet de réforme de la Justice.
Le texte, jugé autoritaire par ses détracteurs, doit accroitre le pouvoir des élus sur les magistrats.
Des réservistes de l'armée ont rejoint les milliers de manifestants qui marchent vers Jérusalem, après six mois de mobilisation.

Les actions se multiplient à mesure que la colère monte. Les manifestations se sont intensifiées en Israël ce samedi 22 juillet, à l'approche du vote final sur le projet de loi visant à réformer le système judiciaire. Face à un texte accusé de déboucher une mainmise du pouvoir politique sur la justice, des milliers de manifestants dans une mer de drapeaux israéliens ont déferlé sur les routes reliant Tel Aviv et Jérusalem, les deux plus grandes villes du pays. Autant de réservistes menacent de suspendre leur service volontaire, comme plusieurs d'entre eux l'expliquent dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

70 kilomètres pour marcher contre la réforme

Ce samedi marquait la 29e journée de mobilisation des opposants au projet de réforme. Mais surtout, il représente la dernière ligne droite de cette bataille. Lancée en janvier lors de la présentation du texte, elle s'est mise en arrêt au cours d'une "pause pour le dialogue" ordonnée en mars par Benyamin Netanyahou. Des débats qui ont échoué le mois dernier, relançant l'un des plus grands mouvements de contestation de l'histoire du pays. 

Jeudi soir, une commission parlementaire a adopté la mesure clé de ce projet, qui vise à annuler la possibilité pour la justice de se prononcer sur le "caractère raisonnable" des décisions du gouvernement israélien, l'un des plus à droite de l'histoire du pays. Une annonce qui donne de facto le feu vert aux débats. Le texte arrivera au Parlement, la Knesset, dès dimanche midi. Le vote en 2e et 3e lecture devrait se tenir lundi. Comme nous vous l'expliquions ici, le gouvernement affirme que cette réforme permettra de rééquilibrer les pouvoirs, en diminuant les prérogatives de la Cour suprême, que l'exécutif juge politisée, au profit du Parlement. Ses détracteurs estiment quant à eux qu'elle risque d'ouvrir la voie à une dérive antilibérale ou autoritaire.

À la veille de ces discussions, la société se met donc en ordre de bataille. Après 28 samedis de manifestations, les opposants ont décidé de battre le pavé sur l'ensemble du pays. Une marée de drapeaux israéliens a déferlé sur les routes. Partie de Tel-Aviv mardi soir en direction de la capitale, cette marche de quelque 70 km doit s'achever ce samedi devant la Knesset, "pour empêcher le pays de se transformer en dictature", comme l'a déclaré l'un des marcheurs à l'AFP. "Nous continuerons à nous battre, à moins que ce gouvernement extrémiste ne disparaisse", a lancé un autre participant, Guy Maidan. 

Toute loi déraisonnable compromettrait ma volonté de continuer à risquer ma vie
Un réserviste de l'armée de l'Air israélienne

Mais cette fois-ci, les manifestants ont un soutien de taille. Plus de 1140 réservistes de l'armée de l'Air israélienne sont entrés dans la bataille, en menaçant de suspendre leur service volontaire. "Nous avons tous la responsabilité de mettre fin à la division (...) et aux clivages profonds au sein de la population", ont-ils affirmé dans une déclaration dont les signataires comprennent notamment 235 pilotes de chasse, 173 opérateurs de drones et 85 soldats commandos. Car en plein conflit israélo-palestinien, ces militaires pourraient être les premiers touchés. Comme ils l'ont souligné dans leur texte, toute législation, appliquée de manière "déraisonnable", "compromettrait [notre]volonté de continuer à risquer [notre] vie". "Elle me contraindrait, avec une grande tristesse, à suspendre mon service de réserve volontaire", ont-ils conclu.


F.S. | Reportage : Benoît Christal

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