Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, doit déjeuner ce vendredi avec Emmanuel Macron.
Une visite dénoncée par Amnesty International, alors que l'Arabie saoudite s'apprête à exécuter sept jeunes hommes.
L'ONG demande au président français d'intervenir pour stopper ces condamnations à mort.

Sa venue en France ne passe pas inaperçu. Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, surnommé "MBS", doit s'entretenir ce vendredi avec Emmanuel Macron, lors d'un déjeuner de travail à l'Élysée. Outre les relations bilatérales, les deux hommes évoqueront "notamment la guerre en Ukraine et ses conséquences pour le reste du monde", a précisé la présidence française.

Une rencontre que déplore la secrétaire générale d'Amnesty International, Agnès Callamard. Dans une interview à France Info, elle estime que le chef de l'État "se fait l'architecte principal de la réhabilitation de Mohammed Ben Salmane". "On redore le blason de quelqu'un qui ne le mérite absolument pas", s'est-elle insurgée, alors que le prince héritier d'Arabie saoudite a entamé une visite de plusieurs jours en France.

"Un moratoire officiel sur les exécutions"

Il faut dire que "MBS", qui est l'un des plus grands acheteurs d'armement au monde, est aussi régulièrement accusé de graves violations des droits humains. Dans un communiqué, l'ONG rappelle ainsi que l'Arabie saoudite est sur le point d'exécuter sept jeunes gens "condamnés pour des faits commis alors qu’ils étaient mineurs (...), dont un n'avait que 12 ans au moment des crimes présumés". 

"Malgré l'engagement des autorités saoudiennes de mettre fin à l'application de la peine de mort à des mineurs de moins de 18 ans au moment des faits, sept jeunes hommes risquent d'être exécutés de manière imminente après qu'une cour d'appel a confirmé leur peine", a déclaré ce vendredi Amnesty International, ajoutant que leur exécution marquerait "une escalade effrayante de l'utilisation déjà record de la peine de mort, le nombre d'exécutions dans le pays ayant été multiplié par sept au cours des trois dernières années seulement".

En conséquence, Amnesty international France "demande solennellement à Emmanuel Macron d’intervenir auprès de Mohammed Ben Salman" pour exiger de l’Arabie Saoudite qu’elle suspende ces exécutions. "Nous engageons également la France à user de toute son influence auprès des autorités saoudiennes afin qu’elles mettent immédiatement un terme aux exécutions et qu’elles instaurent un moratoire officiel sur les exécutions, comme première étape vers l’abolition de la peine capitale", poursuit le communiqué.

Au cours de sa visite en France, "MBS" doit également participer au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, les 22 et 23 juin à Paris. L’évènement vise à "faire converger les financements privés et publics là où la planète et les peuples en ont le plus besoin, que ce soit pour lutter contre la pauvreté, conduire la nécessaire transition climatique, et protéger la biodiversité", explique-t-on côté français.

"MBS" doit par ailleurs assister à une cérémonie prévue le 19 juin dans la capitale pour officialiser la candidature de l'Arabie saoudite pour accueillir l'exposition universelle de 2030, selon Ryad. Ainsi, le temps où Mohamed Ben Salman était qualifié de "paria" par Joe Biden, après l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, semble bien loin.


V. F

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