Le secteur des transports est paralysé ce lundi en Allemagne pour une durée de 24 heures.
En cause, une "méga-grève" lancée par les syndicats pour obtenir une hausse des salaires face à l'inflation.
Outre-Rhin, celle-ci a atteint 8,7% en février.

La contestation sociale gronde aussi outre-Rhin. Ce lundi, tout le secteur national des transports est paralysé par un vaste mouvement de grève pour exiger une hausse des salaires face à l'inflation. Les salariés des aéroports, du rail, du fret maritime, des sociétés d'autoroutes, des transports locaux sont appelés depuis minuit à 24 heures d'arrêt de travail.

Un conflit social qui n'a pas de répercussions est un conflit social inoffensif
Frank Werneke, président du syndicat Ver.di

Les syndicats demandent plus de 10% de revalorisation salariale, dans un pays où les prix se sont envolés depuis plus d'un an, avec une inflation qui a atteint 8,7% en février. Les employeurs (États, communes, entreprises publiques) proposent une augmentation de 5% avec deux versements uniques de 1000 et 1500 euros.

Cette "Mega-Streik" (méga-grève), comme l'ont déjà baptisée les médias allemands, est menée par un mouvement unitaire inédit entre les syndicats EVG et Ver.di, représentant respectivement 230.000 salariés des sociétés ferroviaires et 2,5 millions d'employés des services. Les deux syndicats ont d'ors et déjà annoncé s'attendre à une "large mobilisation".

La Deutsche Bahn a décidé de suspendre totalement le trafic grandes lignes lundi, prévenant que les perturbations seraient aussi très importantes en région. La fédération des aéroports allemands a dénoncé une stratégie "d'escalade des grèves sur le modèle de la France", où les journées de mobilisation se succèdent contre la réforme des retraites. "Un conflit social qui n'a pas de répercussions est un conflit social inoffensif", a répliqué Frank Werneke, président du syndicat Ver.di.

Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de tensions sociales croissantes en Allemagne, où les grèves pour les salaires se multiplient depuis le début de l'année, des écoles aux hôpitaux, en passant par la Poste, accompagnés de manifestations. Le terreau est de plus en plus favorable au mouvement social en Allemagne, qui s'éloigne de la culture du consensus qui a fait sa réputation. En 2015, un record a été enregistré, avec plus de 2 millions de jours de grève dans l'année. Parallèlement, les salaires réels ont augmenté systématiquement de 2014 à 2021, sauf en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19.


A. Lo. avec AFP

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