Meurtre de Sophie Lionnet : en larmes, l'accusée avoue avoir frappé "très fort" la jeune fille au pair

La rédaction de LCI
Publié le 28 avril 2018 à 8h40
Meurtre de Sophie Lionnet : en larmes, l'accusée avoue avoir frappé "très fort" la jeune fille au pair

JUSTICE - A la barre de la cour criminelle à Londres vendredi, Sabrina Kouider, accusée avec son compagnon d'avoir tué Sophie Lionnet, a admis pour la première fois avoir frappé celle qui était leur jeune fille au pair avec un câble électrique. "Je me sentais trahie", a justifié celle qui avait développé des théories délirantes et complotistes.

Pour la première fois, elle a avoué l’avoir frappée "très fort". Sabrina Kouider, accusée avec son compagnon Ouissem Medouni d'avoir tué Sophie Lionnet, leur jeune fille au pair, a admis en pleurant vendredi à la barre de la cour criminelle de l'Old Bailey  (Londres) avoir battu la victime avec un câble électrique. 

Sabrina Kouider, installée à Londres depuis 2004, était persuadée que la baby-sitter de  21 ans originaire de Troyes, décrite comme timide et fluette, avait comploté avec le père d'un de ses enfants, le fondateur du boys band Boyzone Mark Walton, pour droguer et agresser sexuellement des membres de sa famille. Pour l'accusation, Sabrina Kouider, rejointe ensuite dans ses théories délirantes par son compagnon, avaient développé une obsession pour Mark Walton.  Au point d’emmener Sophie Lionnet dans un commissariat de police. Mais les agents n'avaient pas cru à la thèse du complot. Le couple s’était ensuite livré à des interrogatoires musclés de la jeune fille au pair, qu'ils enregistraient afin de prouver leurs accusations.

Alors que le procès du calvaire enduré par la jeune femme s'est ouvert il y a plus d'un mois, l’accusée a pour la première fois admis des violences parce qu’elle se sentait "trahie". "Elle disait qu'elle était désolée. Moi je pleurais. Je disais ‘pourquoi, Sophie, pourquoi’", a raconté Sabrina Kouider expliquant avoir fait "une crise de panique". Avec un câble électrique, elle a décrit avoir frappé la jeune femme sur les bras et les jambes. 

Une femme qui sait "charmer" et "mentir"

Selon le récit d’Ouissem Medouni, interrogé la semaine dernière à la barre, Sophie Lionnet est morte à la suite d'un interrogatoire que sa compagne aurait poursuivi sans lui dans la nuit du 18 au 19 septembre 2017. Il aurait été réveillé dans la nuit par Sabrina Kouider, qui lui aurait montré la victime inanimée dans la salle de bains en répétant "Qu'est-ce que j'ai fait ?".

Le 20 septembre, les pompiers, alertés par des voisins, avaient découvert Ouissem Medouni en train de brûler le corps de jeune fille, dans le jardin de leur logement du sud-ouest de Londres. Pour couvrir l'odeur, l'homme avait fait griller du poulet : "Comme ça, les gens penseraient que c'était un barbecue", avait-il raconté. Pendant ce temps, sa compagne a pris une douche "pour se laver de ses péchés".

L'un et l'autre se renvoient la responsabilité de la mort de la jeune femme. Sabrina Kouider a dépeint son compagnon, un ex-analyste financier de 40 ans, comme un homme infidèle et violent. "Il était avec moi pour le sexe, rien d'autre, et l'argent", a-t-elle lancé. Lui, a décrit la "double personnalité" de sa compagne qui "pouvait être adorable comme elle pouvait être détestable" et pouvait s'énerver "à cause d'un regard, d'une bêtise". Pour ce manutentionnaire, Sabrina Kouider est une "manipulatrice", qui sait "charmer" et "mentir" et s'en prend aux "plus faibles".

Le couple s'était rencontré à une fête foraine en France en 2001, avant d'entamer une relation émaillée de ruptures, pendant laquelle Sabrina Kouider a eu deux enfants avec deux autres hommes. 


La rédaction de LCI

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