Crise migratoire à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne

Migrants : la Pologne commence à ériger un mur à la frontière du Bélarus

Thomas Guien
Publié le 25 janvier 2022 à 16h52

Source : JT 20h Semaine

La Pologne a entamé mardi la construction d'une nouvelle clôture à sa frontière avec le Bélarus.
L'objectif ? Bloquer la pénétration de migrants illégaux.

Une barrière pour stopper l'immigration illégale. C'est le choix de la Pologne, qui a entamé mardi la construction d'une nouvelle clôture à sa frontière avec le Bélarus. Les passages de migrants dans cette région avaient déclenché une crise entre Varsovie et Minsk, l'an dernier.

Longue d'environ 186 km, soit près de la moitié de la longueur totale de la frontière de 418 km, la barrière métallique sera haute de cinq mètres et demi, a déclaré à l'AFP une porte-parole des gardes-frontières, la capitaine Krystyna Jakimik-Jarosz. Elle s'est refusée à préciser le lieu des travaux. "Les services bélarusses n'attendent que cela pour y envoyer des groupes de migrants, donc, pour des raisons de sécurité, on n'indique pas les endroits précis", a précisé la capitaine. Le mur coûtera quelque 353 millions d'euros et doit être achevé au mois de juin.

"La clôture en barbelé nous a déjà bien aidés"

Le mur sera équipé notamment de caméras et de détecteurs de mouvement, pour aider les gardes-frontières à empêcher les passages en fraude, a encore précisé la capitaine Jakimik-Jarosz. Il sera bien utile, selon elle. "La clôture provisoire (en fil barbelé) nous a déjà bien aidés, car elle nous donnait le temps de nous préparer pendant qu'un groupe de migrants s'apprêtait à attaquer, à s'ouvrir un passage, le temps de mobiliser assez des moyens et de personnel pour l'en empêcher", a-t-elle expliqué.

Le projet a suscité des inquiétudes des défenseurs des droits humains et de l'environnement. Les premiers craignent que des migrants fuyant des situations de conflit ne seront pas en mesure de présenter une demande d'asile, et les seconds des effets néfastes pour la faune et la flore de la zone forestière à la frontière.

Des milliers de migrants, venus en majorité du Proche-Orient, notamment du Kurdistan irakien, de Syrie et du Liban, mais aussi d'Afghanistan, ont tenté l'année dernière de traverser la frontière polonaise pour rejoindre le territoire de l'UE. Certains ont réussi à passer et le plus souvent, ils ont continué leur voyage vers l'Europe de l'Ouest. Le nombre de tentatives de passage en fraude a cependant diminué ces derniers mois. Ce mardi, les gardes-frontières ont indiqué avoir enregistré 17 entrées illégales au cours des dernières 24 heures.


Thomas Guien