La journaliste Shireen Abu Akleh tuée par balle en Cisjordanie

Tollé mondial après des heurts lors des obsèques de la journaliste Shireen Abu Akleh à Jérusalem

Maëlane Loaëc, avec AFP
Publié le 13 mai 2022 à 23h49
JT Perso

Source : TF1 Info

Les funérailles de la journaliste palestinienne star d'Al Jazeera ont été émaillés de violences ce vendredi à Jérusalem, qui ont choqué à l'international.
L'Europe et la France ont dénoncé une violence excessive de la part des forces de l'ordre israéliennes.
La Maison Blanche s'est dite de son côté "profondément troublée".

Les images ont fait le tour du monde et suscité de nombreuses réactions à l'international : des violences ont éclaté vendredi lors des funérailles à Jérusalem de la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh, vedette de la chaîne qatarie Al Jazeera, tuée mercredi d'une balle dans la tête lorsqu'elle couvrait un raid israélien en Cisjordanie occupée, à Jénine. La communauté internationale a exprimé sa désolation, certains pays reprochant à Israël un usage "disproportionné" de la force.

 

La police israélienne a fait irruption dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par l'État hébreu, et dispersé une foule brandissant des drapeaux palestiniens à la sortie du cercueil de la reporter de l'établissement. Des images retransmises par des télévisions locales montrent ce cercueil sur le point de tomber au sol alors que des policiers israéliens dispersent la foule. D'après le Croissant rouge palestinien, 33 personnes ont été blessées, dont six ont été hospitalisées, tandis que la police israélienne a de son côté fait état de six arrestations. 

L'UE déplore un "niveau de force inutile", la France critique des "violences policières"

"Consternée par la violence dans l'enceinte de l'hôpital Saint-Joseph et par le niveau de force inutile exercée par la police israélienne tout au long du cortège funèbre", a tweeté la délégation de l'UE auprès des Palestiniens. "Un comportement aussi disproportionné ne fait qu'alimenter les tensions", a-t-elle ajouté. "Atterré par les scènes observées aujourd'hui en marge des funérailles et l'usage disproportionné et irrespectueux de la force durant le cortège funèbre", a également commenté sur Twitter Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l’UE auprès d'Israël. "Maintenir l'ordre public peut se faire par d'autres moyens", a-t-il dit.

La représentation française à Jérusalem a fait part de son côté de sa "consternation" et qualifié de "profondément choquantes" les "violences policières" à l'hôpital Saint-Joseph.

Au contraire de l'Union européenne, la Maison Blanche s'est gardée pour sa part de dénoncer l'usage d'une force disproportionnée par les forces israéliennes lors de ces funérailles : la porte-parole de l'exécutif américain Jen Psaki s'est seulement dite "profondément troublée" par les images des heurts. "Nous avons tous vu ces images, elles sont profondément troublantes", a-t-elle déclaré. 

"Nous déplorons l'intrusion dans ce qui aurait dû être une procession dans le calme. (...) Nous avons demandé du respect pour la procession funèbre, les proches de la défunte et la famille dans ce contexte sensible", a-t-elle poursuivi, en rendant hommage à une "journaliste remarquable". "Quand nous disons qu'elles (ces images) sont troublantes, évidemment nous ne les justifions pas", s'est-elle bornée à dire, alors que les tensions grimpent depuis plusieurs semaines à Israël. Le président américain Joe Biden a discuté de son côté vendredi avec le roi de Jordanie Abdallah II, en visite à Washington, de "des mécanismes pressants pour enrayer la violence" en Israël et en Cisjordanie, selon la Maison Blanche. 

Le Qatar a également réagi au déroulé des funérailles : "Les forces d'occupation ne se sont pas contentées de tuer Shireen (...) mais elles ont terrorisé ceux qui l'ont accompagnée vers sa dernière demeure", a affirmé un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Des journalistes "battus et interdits de filmer" selon RSF

Parallèlement, les puissances étrangères ont aussi réagi à la décision d'Israël d'approuver jeudi près de 4500 logements dans des colonies en Cisjordanie, dont plus de 2.700 définitivement, selon l'organisation israélienne anticolonisation "La paix maintenant". Quinze pays européens, dont la France, l'Allemagne et l'Italie, ont demandé vendredi à Israël de revenir sur ce projet de construction, se disant "profondément préoccupés" par cette décision.

Des associations ont aussi réagi à ces tensions. Sur Twitter, Reporters sans Frontières a affirmé qu'une dizaine de journalistes qui suivaient ce cortège avaient été "battus et interdits de filmer par les forces israéliennes". L'organisation "condamne avec la plus grande fermeté ces attaques, qui sont d'autant plus inacceptables et choquantes dans un contexte de recueillement funéraire", a-t-elle ajouté, indiquant qu'elle réclamait "la création immédiate d'une enquête internationale indépendante sur les circonstances de la mort de la journaliste"

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Suite au décès de la reporter, plusieurs appels à une enquête "transparente" avaient en effet été lancés à l'international. Israël, après avoir dit qu'elle avait "probablement" succombé à un tir palestinien, a affirmé ne pas écarter que la balle ait été tirée par ses soldats. L'Autorité palestinienne, Al Jazeera et le gouvernement qatari ont accusé l'armée israélienne de l'avoir tuée.


Maëlane Loaëc, avec AFP

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