L'ancien chef du gouvernement italien est mort à l'âge de 86 ans, annoncent ce lundi les médias transalpins.
Fils d'un employé de banque, Silvio Berlusconi avait fondé un empire industriel et financier parmi les plus puissants d'Europe avant d'entrer en politique.
Une vie pleine de succès, d'affaires et de polémiques.

"Il Cavaliere" a tiré sa révérence. Silvio Berlusconi est mort ce lundi 12 juin à l'âge de 86 ans. L'ancien chef de gouvernement italien, soigné pour leucémie, avait été hospitalisé vendredi à Milan pour des contrôles. Le magnat, souffrant de problèmes d'arythmie cardiaque, avait déjà été hospitalisé à Monaco jusqu'au 15 janvier dernier, quatre mois après combattu le Covid-19. Il laisse derrière lui un vaste empire médiatique, et une trace indélébile sur la scène politique de son pays.

Incontournable en Italie depuis 30 ans, Silvio Berlusconi a pourtant démarré sa carrière tout en bas de l'échelle. Fils d'un employé de banque milanais, né le 29 septembre 1936, Silvio Berlusconi a commencé à travailler comme animateur sur des bateaux de croisière, où il chantait et racontait des histoires drôles. Puis, armé d'une licence de droit, il s'est lancé dans les affaires, entamant une irrésistible ascension.

Un record de longévité à la tête du gouvernement

Riche, Silvio Berlusconi le devient encore d'avantage quand il se lance dans le secteur de la télévision. C'est là que s'est exprimé le génie créatif de ce grand communicant, qui a choisi dans les années 1980 de saupoudrer ses programmes de femmes dénudées pour plaire au grand public. La holding de la famille Berlusconi, Fininvest, compte depuis trois chaînes de télévision, des journaux, les éditions Mondadori et bien d'autres participations. Fan de football, Silvio Berlusconi a également présidé pendant 31 ans l'AC Milan, qui a remporté cinq fois la Ligue des champions sous son ère, avant de la vendre en avril 2017 à des investisseurs chinois.

En 1994, affirmant redouter une prise de pouvoir de la gauche, celui qu'on surnomme aussi "le caïman" se lance en politique. Il crée son parti Forza Italia, appuyé par son empire médiatique. Après une campagne-éclair, un modèle de marketing politique, il est devenu chef du gouvernement, mais a été lâché par ses alliés au bout de sept mois. Il est revenu en 2001 pour cinq ans, un record depuis l'après-guerre. Battu d'un cheveu en 2006, il a pris sa revanche deux ans plus tard, s'installant aux commandes pour la troisième fois. Mais en novembre 2011, il a dû céder à l'économiste Mario Monti, sous les huées, les rênes d'une Italie en proie à une grave crise financière.

Le "Rubygate" et ses soirées "bunga-bunga"

Bis repetita, deux ans plus tard. Toujours sans héritier politique, il a ressurgi sur la scène politique en raflant un tiers des voix aux législatives de février 2013, contraignant la gauche à une alliance compliquée avec celui qu'elle a pourtant toujours considéré comme son ennemi historique.  Las, quelques mois plus tard, la longue litanie de ses déboires judiciaires a abouti à une première condamnation définitive, pour fraude fiscale. La peine est lourde : un an de prison - effectué sous forme de travaux d'intérêt général dans une maison pour personnes âgées - et six ans d'inéligibilité.

Durant toutes ces années, le dirigeant revendique son goût assumé pour les jolies femmes, y compris des call-girls. Les ennuis le rattrapent là aussi avec le "Rubygate" et ses soirées "bunga-bunga". Il a été acquitté de prostitution de mineure mais sera en procès pour subornation de témoin dans cette affaire. Père de cinq enfants issus de deux mariages et plusieurs fois grand-père, Silvio Berlusconi aura toujours suscité chez ses compatriotes une adulation inconditionnelle ou une haine viscérale. 

Hyperactif, victime d'un malaise en 2006, il s'était fait implanter un stimulateur cardiaque, mais en juin 2016, il a dû subir une opération à cœur ouvert. Ses ennuis de santé n'ont, depuis, jamais disparu. Jusqu'à être rattrapé fin 2020 par le coronavirus. Et encore en avril 2021, quand il avait été à nouveau hospitalisé plus de trois semaines pour des "séquelles du Covid-19". En janvier 2022, il avait été pris en photo, accompagné par sa compagne, Marta Fascina, ancienne mannequin de 53 ans sa cadette, à sa sortie de l’hôpital de Milan où il avait été admis pendant huit jours pour des examens.


Thomas GUIEN avec AFP

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