Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a désigné ce lundi Mohammad Mokhber comme président par intérim.
Cet ancien dirigeant d'entreprises de 68 ans avait été nommé par Ebrahim Raïssi comme premier vice-président en août 2021.
L'élection d'un nouveau président doit être organisée dans un délai maximum de 50 jours.

Le gouvernement iranien l’assure : le décès du président Ebrahim Raïssi dans un accident d'hélicoptère, annoncé ce lundi 20 mai, ne va pas entraîner "la moindre perturbation dans l'administration" du pays. Afin d’assurer la continuité des institutions, le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a désigné ce lundi 20 mai le vice-président Mohammad Mokhber comme président par intérim du pays. 

"Conformément à l'article 131 de la Constitution, M. Mokhber est chargé de diriger le pouvoir exécutif" et doit, en concertation avec les chefs des pouvoirs législatif et judiciaire, organiser "l'élection d'un nouveau président dans un délai maximum de 50 jours", a indiqué dans un communiqué le chef suprême de l’Iran.

L'article 131 de la Constitution de la République islamique prévoit que, "en cas de décès, de destitution, de démission, d'absence ou de maladie d'une durée supérieure à deux mois du président", c'est "le premier vice-président qui assumera les pouvoirs du président". Ce processus nécessite "l'approbation du Guide suprême", la plus haute autorité du pays et son chef d'État, précise le texte.

À la tête d'une organisation stratégique depuis 2007

Mohammad Mokhber, 68 ans, a été nommé premier vice-président de la République islamique en août 2021, après l’élection d'Ebrahim Raïssi à la présidence. Comme ce dernier, il est considéré comme un proche de l’ayatollah Ali Khamenei. 

Né à Dezfoul, dans la province du Khouzestan, où il a occupé plusieurs postes officiels, Mohammad Mokhber a dirigé diverses entreprises avant d'entrer en politique. Depuis 2007, il préside la Fondation de l'ordre de l'Imam (Setad), organisation stratégique établie à la fin des années 1980 afin de gérer les propriétés confisquées à la suite de la révolution de 1979. Elle est devenue au fil des années un important conglomérat économique d'État avec des parts dans les différents secteurs, de la finance à la santé.

Plus récemment, Mohammad Mokhber a fait partie d'une équipe de responsables iraniens qui se sont rendus à Moscou en octobre 2022, acceptant alors de fournir des missiles sol-sol et davantage de drones à l'armée russe, selon des sources de l'agence de presse Reuters. L'équipe comprenait également deux hauts responsables des Gardiens de la révolution iraniens et un responsable du Conseil suprême de sécurité nationale. 

Reuters rappelle également qu’en 2010, l'Union européenne (UE) avait inclus Mohammad Mokhber sur une liste d'individus et d'entités qu'elle sanctionnait pour leur implication présumée dans "des activités nucléaires ou de missiles balistiques". Deux ans plus tard, l’UE l’avait cependant rayé de la liste.


JC avec AFP

Tout
TF1 Info