Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Covid-19 : pourquoi le Royaume-Uni a classé le Portugal sur sa liste rouge

Charlotte Anglade
Publié le 4 juin 2021 à 14h00
Covid-19 : pourquoi le Royaume-Uni a classé le Portugal sur sa liste rouge

Source : SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

SITUATION ÉPIDÉMIQUE - Le Royaume-Uni a annoncé jeudi classer le Portugal sur sa liste rouge, impliquant pour les touristes de retour de ce pays une quarantaine obligatoire pouvant aller jusqu'à dix jours. LCI vous explique ce qui a motivé cette décision.

A quelques semaines des vacances d'été, le Portugal bascule à nouveau dans le rouge. Le Royaume-Uni a annoncé jeudi le retour de la quarantaine obligatoire pouvant aller jusqu'à dix jours pour les passagers arrivant du Portugal. Parlant de "décision difficile", le ministre des Transports Grant Shapps a justifié cette mesure, qui s'appliquera à partir de mardi, par l'augmentation importante du taux de positivité au Covid-19 au Portugal et la présence d'une "sorte de mutation népalaise" du variant Delta, identifié pour la première fois en Inde en avril 2021.

"Nous ne voulons pas prendre de risque", a-t-il ajouté, alors que les  autorités sanitaires britanniques estiment désormais que le variant Delta est "dominant" au Royaume-Uni, avec 12.431 cas identifiés (un chiffre en hausse de près de 80% par rapport à la semaine précédente), et menace la levée espérée de l'essentiel des dernières restrictions le 21 juin.

Le gouvernement britannique accusé de faire "une tempête dans un verre d'eau"

Réagissant aux annonces du gouvernement britannique, l'institut Ricardo Jorge, une institution publique en lien direct avec le ministère portugais de la Santé, a confirmé que la mutation mentionnée était bien l'une des trois mutations du variant indien circulant dans le pays. Il a cependant indiqué jeudi n'avoir recensé que 12 cas de la "mutation népalaise". "Naturellement, c'est une mutation inquiétante et il faut la surveiller", a déclaré sur les ondes de la radio TSF João Paulo Gomes, de l'institut Ricardo Jorge, tout en dénonçant le fait que le Royaume-Uni fasse de ces cas "une tempête dans un verre d'eau".

Selon les autorités de santé, le variant indien représentait fin mai 4,8% des cas au Portugal avec une incidence plus importante dans les régions de l'Alentejo (moitié sud du pays) et de Lisbonne-et-Val-de-Tage. Le variant britannique, lui était le plus répandu, avec 87,7% des cas. Seuls 1,6% des échantillons prélevés étaient concernés par le variant sud-africain. Le variant brésilien, enfin, connaissait une légère baisse de circulation, ne représentant plus que 2,8% des cas, contre 4,3 en avril. 

Un taux d'incidence en augmentation de 15% en une semaine

Si la "mutation népalaise" n'est, selon les autorités de santé portugaises, pas aussi inquiétante que l'affirme le gouvernement britannique, la situation épidémique du pays n'en est pas moins préoccupante. Après une violente vague de coronavirus en début d'année, suivie de restrictions strictes, le Portugal a entamé mi-mars un déconfinement progressif. Résultat : il affichait le 27 mai un taux d'incidence parmi les plus bas de l'Union européenne, à savoir 57,8 cas infectés pour 100.000 habitants. Depuis le 17 mai, il se trouvait ainsi parmi les rares pays et territoires exemptés de quarantaine par le Royaume-Uni.

En une semaine cependant, cet indicateur a bondi, passant à 66,4 et dépassant dans le même temps la moyenne européenne, à 63,7. En tout, le Portugal comptait jeudi 23.343 nouveaux cas de Covid-19, soit 891 cas de plus en une semaine. Le nombre de personnes hospitalisées, lui, reste plutôt stable avec 254 personnes prises en charge et 52 patients en soins intensifs, contre 233 personnes hospitalisées et 54 en soins intensifs une semaine plus tôt.

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Sept pays, parmi lesquels le Sri Lanka, l’Égypte et le Costa Rica, ont été ajoutés à liste rouge éditée par le Royaume-Uni. Celle-ci réserve aux seuls résidents britanniques la possibilité de rentrer dans le pays, avec une quarantaine obligatoire de onze nuits à l'hôtel à leur frais, soit un coût de 1750 livres (environ 2000 euros) par personne.


Charlotte Anglade

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