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Népal : que sait-on de la disparition des trois alpinistes français ?

FS avec AFP
Publié le 31 octobre 2021 à 18h46
JT Perso

Source : JT 20h WE

DISPARITION - Trois jeunes alpinistes français de haut niveau qui s'étaient lancés dans une expédition au Népal sont portés disparus suite à une avalanche.

Deux jeunes alpinistes, accompagnés de leur coach, ont disparu suite à une avalanche sur un sommet de la région de l'Everest. Engagés dans une expédition de haut niveau au Népal, ils n'ont pas donné signe de vie depuis ce mardi 26 octobre. Ce dimanche, la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne a tenu à témoigner de l'"émotion" de la communauté montagnarde et alpiniste.

Qui sont les membres disparus ?

Les trois Français sont tous de jeunes hommes qui ont entre 20 et  30 ans. D'après Le Dauphiné Libéré, il s'agirait de deux hommes de 27 ans, Louis Pachoud et Gabriel Miloche, originaires de Chambéry et de Briançon, ainsi que leur entraîneur, Thomas Arfi, un Niçois de 34 ans. Ils font partie du Groupe excellence alpinisme national (GEAN), une formation d'élite de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). 

C'est de ses rangs que sont sortis plusieurs générations d'alpinistes français, à l'instar de Lionel Daudet, qui a gravi certaines des parois les plus difficiles du monde et exploré l'Antarctique avec la navigatrice Isabelle Autissier, ou encore l'alpiniste Élisabeth Revol, rescapée in extremis début 2018 d'une expédition au Pakistan.

"Ce sont des gens qui ont pris leur responsabilité et qui avaient tout le bagage pour aller faire ce genre d'ascension", a tenu à rappeler le président de la Fédérération, Nicolas Raynaud, "après, il y a toujours une part d'aléa, qui fait qu'on s'engage, et donc on s'expose". "J'espère qu'il va bien, j'espère qu'on va le retrouver. Je pense très fort à sa famille qui sont des gens que j'apprécie énormément", a réagi, ému, Eric, un ami d'enfance de l'entraîneur niçois. 

Composée de huit membres, dont un coach et un responsable, cette équipe s'est envolée le vendredi 1er octobre pour cinq semaines au Népal afin de tenter plusieurs ascensions dans la zone du Khumbu, région du plateau de l’Himalaya située à environ 150 km de Katmandou, dans le Parc National de Sagarmatha. 

Si la fédération fait état de trois membres disparus, le président de l'association nationale népalaise des guides de montagne, Ang Norbu Sherpa, a déclaré à l'AFP ne pas disposer pour le moment "d'information claire sur le nombre de personnes disparues". "Nous avons envoyé une équipe de cinq guides de montagne très expérimentés. Ils sont en route et démarreront les opérations de recherche" dès lundi, a-t-il précisé.

Que faisaient-ils au Népal ?

Cette équipe était engagée dans une expédition de haut niveau qui devait permettre de clore un parcours d'apprentissage. Arrivée dans cette région début octobre, elle avait pour objectif de se lancer dans plusieurs "ascensions de faces nord encore vierges", comme on le découvre sur le site du GEAN. Parmi elles, plusieurs sommets qui s'élèvent entre 5000 et 6000 mètres d'altitude, situés au sud de l'Ama Dablam et du Cholatse.  

En cette fin de mois, l'équipe s'était divisée en deux pour mener à bien leur aventure. Selon leur récit qu'ils en font sur la page Facebook, après avoir mené un "repérage" de leurs "objectifs techniques", le premier groupe s'est engagé sur l'arête sud ouest. Le second, constitué de quatre membres, s'est lancé sur l'arête Nord-Est surnommée par le groupe "Sugar Ridge" "de par la quantité et qualité de neige à brasser, équivalente aux quantités de sucre absorbées par certaines personnes de la cordée". Depuis cette publication du 19 octobre dernier, le groupe n'a plus mis en ligne ses aventures.

Que s'est-il passé ?

L'objectif pour les trois hommes était de gravir en quatre jours le Mingbo Eiger, un sommet jamais atteint, qui cumule à 6017 mètres et proche de l'Ama Dablam. Il s'agit d'"itinéraires d'envergure", même si ce ne sont pas des "sommets prestigieux", comme l'a noté auprès de l'AFP Nicolas Raynaud. Ces alpinistes, "sont des gens qui ne prennent pas les décisions à la légère (...) Il y avait eu un très gros travail de préparation, de repérage sur site" à la jumelle, a-t-il souligné, rappelant qu'à un tel niveau "forcément la part de l'aléatoire est encore plus importante". 

Le mardi 26 octobre, au soir, après une journée d'ascension, "un contact a pu être établi par téléphone satellite depuis le bivouac où les alpinistes sont installés : la première journée d’escalade s’est déroulée sans problèmes", indique la FFCAM dans un communiqué qui, après ce contact n'a plus eu de nouvelles

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Ces alpinistes français ont effectivement disparu après une avalanche survenue mercredi. L'hélicoptère affrété par la FFCAM a en effet repéré des "traces d'ascension ainsi que les débris d'une avalanche de grande ampleur dans la face", après une reconnaissance ce samedi. Dès le lendemain, "un hélicoptère avec une équipe de secours sont dépêchés sur place pour tenter de retrouver d'éventuels survivants".  Missionnée, la société Kailash Helicopter Services a partagé des photos du site où se concentrent les recherches.

Au Népal, les recherches se poursuivent. Des tentes et du matériel ont été repérés près d'un glacier sous le mont Ama Dablam par une équipe de secours dimanche. Mais toujours aucune trace des trois Français. "Le pilote et un de nos guides ont survolé la zone aujourd'hui. Mlaheureusement, ils n'ont rien vu du tout. Ils ont été obligés de faire demi-tour", explique Ramesh Noshiwakotim, directeur des opérations de secours Kailash Helicopter Services. Les opérations de secours seront d'autant plus compliquées dans cette zone où les avalanches sont fréquentes.


FS avec AFP

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