Nigeria : l’organisation djihadiste Boko Haram revendique l’enlèvement de centaines de lycéens

IN avec AFP
Publié le 15 décembre 2020 à 10h49, mis à jour le 15 décembre 2020 à 12h55

Source : TF1 Info

CONFLIT - Au moins 333 lycéens ont été enlevés après l’attaque de leur lycée survenue en fin de semaine dernière dans le nord-ouest du pays, et revendiquée par le groupe djihadiste Boko Haram. Les kidnappeurs sont "en discussion avec le gouvernement", a affirmé le gouverneur local.

Le groupe djihadiste Boko Haram a revendiqué ce mardi matin l’enlèvement de centaines de lycéens dans le nord-ouest du Nigeria, dans un message vocal de propagande. "Je suis Abubakar Shekau et nos frères sont derrière l'enlèvement à Katsina", annonce le chef de file, qui avait été responsable de l'enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014, déclenchant une vague d'indignation mondiale.

Au moins 333 adolescents sont toujours portés disparus depuis l'attaque de leur lycée dans l'État de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, à des centaines de kilomètres du territoire de Boko Haram, qui opère habituellement dans le nord-est du pays, autour du lac Tchad. Plus d'une centaine d'hommes armés à moto ont attaqué dans la nuit de vendredi à samedi cette école rurale située dans la ville de Kankara. Des centaines d'adolescents ont fui dans la brousse pour s'y cacher.

Les kidnappeurs "ont pris contact avec le gouvernement"

Ce kidnapping avait été initialement attribué à des groupes armés, appelés "bandits", qui terrorisent les populations dans cette région instable où les enlèvements contre rançons sont devenus monnaie courante. Cette revendication marque un tournant extrêmement important dans la propagation de l'influence des groupes djihadistes dans le nord-ouest du Nigeria. Le président Muhammadu Buhari a condamné l'attaque et ordonné le renforcement de la sécurité dans toutes les écoles. Dans l'État de Katsina, les établissements scolaires ont fermé.

Lundi, l'armée a affirmé avoir localisé "le repaire des bandits", ajoutant qu'une opération militaire était en cours. Le gouverneur local a ajouté ce mardi que les "les responsables de l'enlèvement de nos enfants ont pris contact avec le gouvernement". "Des discussions sont engagées pour assurer leur sécurité et leur retour dans leurs familles", a indiqué Aminu Bello Masari, gouverneur de l'État de Katsina.

La situation sécuritaire s'est largement détériorée dans le nord du Nigeria depuis l'élection de Muhammadu Buhari en 2015, qui avait fait de la lutte contre Boko Haram la priorité de son mandat. En 2018, l’Unicef avait indiqué que plus de 1000 enfants avaient déjà été kidnappés au Nigeria dans les cinq ans auparavant.


IN avec AFP