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Non, les Russes n’ont pas bombardé une maternité désaffectée à Marioupol

Benjamin Dard
Publié le 12 mars 2022 à 20h14, mis à jour le 13 mars 2022 à 10h10
JT Perso

Source : JT 20h WE

Cette semaine, le bombardement russe d'une maternité à Marioupol a marqué les esprits.
Mais celle-ci n’était plus en fonction, a expliqué Moscou, photo à l’appui.
Cette image renvoie en fait à un centre de loisirs pour adolescents.

Les images de l’hôpital de Marioupol en fumée ont fait le tour du monde cette semaine. Ces photographies du bombardement russe sur cette maternité de la ville ukrainienne ont par ailleurs été authentifiées par des témoins sur place. C'est sans compter la désinformation du camp russe, qui a cherché à modifier la réalité de l'attaque.

Extrait vidéo publié par la police ukrainienne de la maternité de Marioupol, après le bombardement russe - HANDOUT / NATIONAL POLICE OF UKRAINE / AFP

En effet, Moscou a tenté de minimiser le bombardement, expliquant qu’il ne s’agissait pas là du bon hôpital : le bâtiment attaqué serait vide en réalité et aurait été pris pour cible à cause de son occupation par des hommes d’Azov, régiment nationaliste de l’armée ukrainienne. Dans un tweet, l’Ambassade de Russie en Israël a publié une image d’un autre immeuble avec pour commentaire : "La vérité est que la maternité n'était plus en fonction depuis le début de l'opération spéciale militaire russe en Ukraine. Les médecins ont été chassés du bâtiment par des militants du bataillon nationaliste Azov".

Sur Twitter, l'Ambassade de Russie en Israël a publié une image qui renverrait à la maternité réellement bombardée par l'armée - (capture écran)

Or, le bâtiment mentionné par la Russie n’est pas du tout une maternité. Grâce à des images satellites, nous avons pu retrouver le bâtiment figurant sur cette image. S’il existe bien et qu’il se trouve à Marioupol, il se situe à plus de 10 km de la maternité bombardée. De plus, il ne s’agit pas d’un hôpital mais d’un centre de loisirs pour adolescents. 

Quant à la maternité qui a été visée par l’explosion cette semaine, le média ABC a pu démontrer que celui-ci accueillait toujours des patients au moment de l’invasion russe, le 24 février dernier, en se rendant sur place le 2 mars. De plus, l’établissement a lancé un appel aux dons d’essence le même jour. Dans un post sur Facebook, il a indiqué à sa communauté avoir "besoin de carburant diesel, d’essence 1-95, de contenants pour le carburant" et de "filtres à osmose inverse" pour "assurer le fonctionnement" de l’hôpital".

Dans cette guerre, l'objectif des Russes est de semer le doute en permanence. En citant le bataillon Azov dans leur message, ils visent ce groupe paramilitaire ukrainien d'extrême droite de quelques milliers d'hommes. Que Moscou évoque régulièrement pour parler de la dénazification qu'il prétend vouloir mener en Ukraine.

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