Malgré une cellule de trois pièces, le néo-nazi Anders Breivik se plaint d'être "traité comme une bête"

par A. Lo.
Publié le 10 janvier 2024 à 17h08

Source : TF1 Info

Le néo-nazi Anders Breivik attaque l'État norvégien en justice sur ses conditions de détention, se plaignant d'être "traité comme une bête".
Le procès qui s'est ouvert lundi met néanmoins en lumière le cadre dans lequel vit le terroriste, qui dispose, entre autres, de trois pièces privatives et d'une console de jeu.
"Breivik est particulièrement bien traité", souligne d'ailleurs le directeur de la prison où il est détenu.

Trois pièces privatives, des perruches pour lui tenir compagnie, une Xbox... Alors que le terroriste d'extrême droite Anders Behring Breivik intente un procès contre l'État norvégien, qu'il accuse de vouloir le "pousser au suicide" en le traitant "comme une bête", des photos de sa cellule ont levé le voile sur ses conditions de détention, qui feraient pâlir d'envie n'importe quel prisonnier dans le monde. 

Un cadre de vie qui a fait réagir de nombreux internautes, certains n'hésitant pas comparer la cellule du néo-nazi à "un hôtel" ou "un palace". Sur le réseau social X, l'un d'eux relève que d'autres détenus "prennent des gardiens de prison en otage pour pouvoir avoir une pizza".

Écran plat et salle de sport

Et de fait, outre une cellule de vie, une autre d'études et une dernière de gym, l'extrémiste de 44 ans partage avec un autre détenu - jamais en même temps - une cuisine, un salon avec télévision et console de jeu, une salle à manger et une pièce pour les visites.

Si le décor est dépouillé, les pièces sont largement équipées. La salle de gym dispose ainsi d'appareils de musculation, la salle TV de plusieurs fauteuils, d'un grand écran plat ou encore de posters de la tour Eiffel. 

OLE BERG-RUSTEN / NTB / AFP
OLE BERG-RUSTEN / NTB / AFP

En plus d'activités variées (basketball, promenades, bibliothèque...) pour l'occuper, le terroriste qui fait 77 victimes sur l'île d'Utøya et à Oslo le 22 juillet 2011 a vu son souhait d'avoir un animal de compagnie exaucé. Ou presque : s'il avait réclamé "un chien, une chèvre ou un cochon nain", les autorités lui ont confié trois perruches. "C'est mieux que rien", a-t-il lui-même concédé.

Peine extensible indéfiniment

"Breivik est particulièrement bien traité" à l'intérieur du cadre permis par les considérations sécuritaires, a souligné le directeur de la prison, Eirik Bergstedt. Toujours est-il que, malgré cette débauche de moyens, l'extrémiste condamné en 2012 à une peine de 21 ans de prison - extensible indéfiniment - poursuit de nouveau l'État en justice pour protester contre son régime carcéral. Il considère notamment que les autorités l'empêchent de pouvoir développer une relation vraiment personnelle avec d'autres individus.

Maintenu à l'écart des autres prisonniers depuis environ 12 ans, il reproche à l'État de violer deux articles de la Convention européenne des droits de l'Homme, l'un qui interdit les peines "inhumaines" ou "dégradantes", l'autre qui garantit un droit à la correspondance.

Depuis mars 2022, Anders Breivik purge sa peine dans le quartier de très haute sécurité de la prison de Ringerike, au bord du lac qui baigne l'île d'Utøya, où il a abattu 69 personnes, des adolescents pour la plupart, quelques instants après avoir fait exploser une bombe à Oslo, faisant huit morts. "Le système norvégien est comme il est", a commenté auprès de l'AFP Lisbeth Kristine Røyneland, mère de Synne, tuée à 18 ans sur Utøya. "Mais en tant que maman dont il a tué la fille, c'est dur de le voir se plaindre avec son bel appartement." 


A. Lo.

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