Iran : la révolte du voile

Nouvelles manifestations nocturnes en Iran malgré la répression meurtrière du régime

Julien Vattaire avec AFP
Publié le 28 septembre 2022 à 6h51
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les Iraniens étaient à nouveau dans les rues ce mardi soir.
Ils protestent depuis la mort d'une jeune femme arrêtée par la police des mœurs.
En signe de colère, les femmes n'hésitent pas à enlever leur foulard.

Les manifestations se poursuivent en Iran. Pour la 12e nuit consécutive, les Iraniens se sont retrouvés dans les rues de plusieurs grandes villes du pays. Le point de départ de cette colère exprimée est la mort de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans qui avait été arrêtée par la police des mœurs pour non-respect du code vestimentaire strict imposé aux femmes en République islamique d'Iran.

Mardi soir, à Sanandaj, chef-lieu de la province du Kurdistan (nord-ouest), d'où était originaire Mahsa Amini, des femmes ont été vues en train d'enlever leur foulard alors qu'un homme brûlait une banderole avec une photo du guide suprême Ali Khamenei à Chiraz (sud), selon l'Iran International TV, basée à Londres. Une femme a également été montrée sans foulard sur la tête et agitant les bras en l'air dans le quartier de Narmak à Téhéran, dans une vidéo partagée en ligne par la chaîne de télévision d'opposition Manoto. 

Si les manifestations se poursuivent, des militants ont affirmé que les perturbations des connexions Internet rendaient de plus en plus difficile la transmission des images. Et pour cause, les autorités ont bloqué l'accès à Instagram et à WhatsApp en Iran afin d'empêcher le monde extérieur de voir ce qui se passe dans le pays. 

Depuis le début des manifestations, le 16 septembre, "environ 60 personnes ont été tuées" et plus de 1.200 arrestations ont eu lieu, selon un bilan communiqué par l'agence de presse iranienne Fars. De son côté, la police a fait état de 10 morts dans ses rangs. L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, fait, elle, état d'"au moins 76 morts" dont "six femmes et quatre enfants", affirmant avoir obtenu des "vidéos et des certificats de décès confirmant des tirs à balles réelles sur des manifestants".

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Le pouvoir en place se montre toujours plus ferme face aux protestataires accusés d'être des "émeutiers" qui "portent atteinte à la sécurité et aux biens publics". Des vidéos mis en ligne ces derniers jours ont montré la police anti-émeute frappant des manifestants à coups de matraque et des étudiants déchirant de grandes photos de l'ayatollah Khamenei et de son prédécesseur, l'imam Khomeiny, fondateur de la République islamique. Selon des défenseurs des droits humains, les policiers ont aussi tiré des plombs et à balles réelles sur les protestataires qui ont lancé des pierres, incendié des voitures de police et mis le feu à des bâtiments publics.


Julien Vattaire avec AFP

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