L'Iran reprend une cadence élevée de production d'uranium

par JC avec l'AFP
Publié le 26 décembre 2023 à 18h39

Source : JT 20h WE

Téhéran a fait grimper sa production d'uranium enrichi à 60% à environ 9 kg par mois depuis la fin du mois de novembre.
Le régime iranien avait pourtant ralenti le rythme depuis juin, où quelque 3 kg étaient produits par mois.
L'Iran dispose de plus de trois fois la matière en théorie nécessaire pour fabriquer une bombe atomique, à un niveau de 90%.

Publiquement, l’Iran nie vouloir se doter de la bombe nucléaire. En coulisses, Téhéran poursuit pourtant son escale nucléaire. L’Iran est revenu ces dernières semaines à un rythme de production d'uranium enrichi à 60% similaire à celui du début de l'année 2023, a affirmé ce mardi l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). "Le pays a augmenté sa production d'uranium hautement enrichi au cours des dernières semaines, alors qu'il avait ralenti le rythme depuis le milieu de l'année 2023", a indiqué l'AIEA dans un communiqué. 

L'Iran a fait grimper sa production d'uranium enrichi à 60% à environ 9 kg par mois depuis la fin du mois de novembre 2023, ce qui "représente une augmentation par rapport aux quelque 3 kg produits par mois depuis juin et un retour au taux mensuel de 9 kg au cours du premier semestre 2023", a-t-elle précisé. Le ralentissement du rythme de production à 60%, un seuil proche des 90% nécessaires pour fabriquer une bombe atomique, avait été vu par des experts comme un geste, alors que des pourparlers informels avaient repris avec les États-Unis.

Des inspecteurs de l'AIEA exclus

Ces derniers mois, l'animosité est remontée d'un cran avec le conflit entre Israël et le Hamas palestinien, que Washington et Téhéran s'accusent mutuellement d'aggraver. En novembre, un rapport confidentiel de l'AIEA consulté par l'AFP indiquait que les stocks d'uranium enrichi en Iran dépassaient de 22 fois la limite autorisée par l'accord international de 2015 encadrant les activités atomiques de Téhéran, en échange d'une levée des sanctions internationales.

L'accord a volé en éclats à la suite du retrait de Washington en 2018 décidé par le président américain de l'époque, Donald Trump. Son successeur Joe Biden a tenté de le ranimer à travers des discussions menées à Vienne, mais elles sont au point mort depuis l'été 2022.

L'Iran, qui s'est rapproché de Moscou depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, a par ailleurs exclu des inspecteurs de l'AIEA et débranché des caméras nécessaires à la surveillance de son programme nucléaire. Il enrichit à des niveaux loin du plafond fixé par la communauté internationale à 3,67%, équivalant à ce qui est utilisé dans les centrales nucléaires pour la production d'électricité. En novembre, il disposait de 567,1 kg enrichis à 20% et de 128,3 kg à 60%. Soit plus de trois fois la matière en théorie nécessaire pour fabriquer une bombe atomique, à un niveau de 90%.


JC avec l'AFP

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