Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Origine du Covid-19 : l’hypothèse d’un accident de laboratoire relancée par des chercheurs

La rédaction de LCI
Publié le 14 mai 2021 à 17h47
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Source : iStock / BlackJack3D

CORONAVIRUS - Dans une lettre ouverte, des scientifiques de renom appellent à poursuivre les investigations sur l'origine de la pandémie de Covid-19, rappelant que l'hypothèse d'un accident de laboratoire n'a rien d'une théorie complotiste.

S’il est clair que la pandémie s’est révélée au monde en décembre 2019 sur le vaste marché Huanan de Wuhan, où étaient vendus des animaux sauvages vivants, l’origine du nouveau coronavirus ne s’y situe pas nécessairement pour autant. Une vingtaine de chercheurs de renom ont publié, ce jeudi 13 mai dans la revue Science, une tribune appelant à considérer sérieusement l’hypothèse d’un accident de laboratoire comme origine possible du Covid-19 au même titre que celle d’une transmission de l’animal à l’homme.

Dans cette lettre ouverte, les scientifiques réclament de nouvelles investigations. "Une enquête plus approfondie est encore nécessaire pour déterminer l'origine de la pandémie. Les théories du rejet accidentel d'un laboratoire et des retombées zoonotiques restent toutes deux viables. Il est essentiel de savoir comment le Covid-19 est apparu afin d’éclairer les stratégies mondiales visant à atténuer le risque d'épidémies futures", soutiennent-ils. 

Découvrir l’origine du virus est crucial afin de se prémunir contre la réapparition d’une épidémie. Car si nous parvenons à comprendre pourquoi les épidémies apparaissent, nous pourrions combattre leurs vecteurs. Cela permettrait par exemple d’orienter les mesures de prévention vers telles ou telles espèces animales, interdire leur chasse ou leur élevage et éviter les interactions avec l’homme.

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Dès le début de l'épidémie, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a souligné à plusieurs reprises la nécessité d’établir l’origine du virus afin de mieux comprendre l’émergence de nouveaux agents pathogènes et les expositions possibles. En juillet 2020, l’OMS a envoyé une petite équipe en Chine pour planifier une étude conjointe associant des chercheurs chinois et des chercheurs internationaux indépendants. Le rapport établi par l’équipe internationale sur sa mission de terrain à Wuhan, menée du 14 janvier au 10 février 2021, a ainsi été rendu publique le 30 mars dernier. 

Seules 4 des 313 pages du rapport et de ses annexes traitaient de la possibilité d'un accident de laboratoire

Les auteurs de la tribune dans la revue "Science"

L'enquête menée par ces experts, qui selon certains n'ont pas eu assez de latitude pour travailler librement lors de leur séjour de quatre semaines à Wuhan, conclut que la transmission à l'homme par un animal intermédiaire est une hypothèse "probable à très probable", alors qu'un incident de laboratoire reste "extrêmement improbable"

"Les deux théories n'ont pas été examinées de manière équilibrée", notent les chercheurs dans leur lettre ouverte. "Seules 4 des 313 pages du rapport et de ses annexes traitaient de la possibilité d'un accident de laboratoire", dénoncent-ils. 

À l'époque, le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait fait remarquer que l'examen dans le rapport des preuves à l'appui d'un accident de laboratoire était insuffisant et avait proposé de fournir des ressources supplémentaires pour évaluer pleinement cette possibilité, rappellent également le groupe de scientifiques. 

Un scientifique anonyme divulgue des travaux inédits

Coïncidence ou pas, des documents relatifs à des recherches menées entre 2014 et 2019 à l’Institut de virologie de Wuhan (WIV) ont été divulgués sur le réseau social Twitter, par le compte d’un scientifique anonyme, quelques heures avant la publication de cette tribune. 

Consultés par nos confrères du journal Le Monde, ils remettent en cause certaines données tenues pour acquises par la communauté scientifique internationale sur le nombre et la nature des coronavirus conservés par le WIV, sur les expériences conduites sur ces virus et même sur l’intégrité des séquences génétiques virales publiées ces derniers mois par l’institution de recherche de Wuhan. Des données qui n'avaient pas été rendues publiques jusqu'à présent. Et de nouvelles zones d'ombre à éclaircir.


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