La Chine face à une nouvelle flambée de Covid-19

Covid-19 : le "cauchemar" d'un avocat en quarantaine en Chine pendant près de trois mois

Aurélie Loek
Publié le 13 avril 2022 à 12h46
JT Perso

Source : JT 20h WE

Un avocat exerçant aux États-Unis a voulu rentrer en Chine pour la première fois depuis le début de la pandémie pour rendre visite à sa famille.
Il s'est finalement retrouvé à devoir passer près de trois mois en quarantaine et est rentré aux États-Unis sans même avoir pu voir ses parents.

C'est un long tunnel d'hôpitaux et de chambres d'hôtels que Xue Liangquan a traversé pendant trois mois. Le 2 janvier dernier, cet avocat installé en Californie s'embarque pour un voyage en Chine afin de rendre visite à sa famille. Il ne se doutait pas, alors, qu'il commençait un long séjour qu'il passerait essentiellement en isolement. Une accumulation de malchances pour l'avocat, liée à une politique sanitaire contre le Covid-19 toujours très stricte dans le pays.

Tout commence début janvier, lorsque Xue Liangquan, Chinois installé aux États-Unis depuis maintenant sept ans, prend l'avion de Los Angeles, destination la province de Shandong, à l'est de la Chine, où réside ses parents. Doté d'un test négatif et après avoir dû déjà payer près de 7600 dollars pour son billet d'avion, il atterrit à Guangzhou, où il doit se plier à une quarantaine de trois semaines, comme l'exigent les autorités. 

Mais, à peine est-il arrivé dans l'hôtel où il était prévu qu'il s'isole, qu'il reçoit un coup de téléphone. On lui annonce que le test qu'il a réalisé à son arrivée à l'aéroport est positif. Fini la chambre d'hôtel, il est transféré à l'hôpital en ambulance. Il y passe alors les quatre semaines suivantes, dans une chambre qu'il partage avec deux autres patients. Le 1er février, il est ensuite transféré dans un autre établissement de santé, réservé aux patients guéris, et reste encore deux semaines en "observation médicale"

Entretemps, les règles dans la province de Shandong, où il devait se rendre initialement, se durcissent. Décidé à éviter toute nouvelle période d'isolement, il décide de partir rejoindre de la famille à Shanghai, pas encore sous le coup de mesures très restrictives. Pour la première fois en un mois, il est alors libre de tout mouvement. Cela ne durera que deux jours. 

C'était comme un cauchemar

Xue Liangquan

Le 19 février, les autorités sanitaires de Guangzhou lui annonce que l'homme avec qui il a partagé le bus le conduisant vers le dernier hôpital est infecté par le Covid. Xue Liangquan est donc déclaré cas contact et doit passer 14 jours dans un hôtel de quarantaine. Le 6 mars, le jour même où il devait sortir de cette période d'isolement, il reçoit un nouvel appel : il a été testé positif. Dépité, l'avocat demande des preuves de ce test, qu'on lui refuse. 

"Le plus dur pour moi était l'absence de certitude", confie-t-il auprès du New York Times, qui relate son histoire. "Chaque fois que je pensais qu'une étape était terminée, et que j'étais sur le point d'être libre, le cauchemar revenait." L'homme de 37 ans doit alors se soumettre à deux nouvelles semaines d'isolement dans un centre médical, puis à deux autres de surveillance dans un hôtel. 

Le 31 mars, il est enfin libéré, pour de bon cette fois. Cela fait trois mois qu'il est arrivé en Chine. Épuisé par ces quarantaines à répétition, il renonce à l'idée de voir ses parents et réserve directement un vol retour pour les États-Unis dès le lendemain, le 1er avril. "C'était comme un cauchemar", décrit-il à son retour dans un billet sur la plateforme de médias sociaux WeChat pour raconter son expérience.

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"Je ne blâme personne : aucune personne, aucun gouvernement, aucune organisation", assure-t-il cependant auprès du New York Times. "Je ne peux que m'en prendre à moi-même, pour avoir eu autant de malchance". Compréhensif avec les mesures de contrôle en vigueur en Chine, Xue Liangquan l'assure cependant : il ne tentera pas un nouveau voyage en Chine avant que les restrictions s'assouplissent. "Sinon, je pense que je me sentirais encore un peu traumatisé", estimait-il.


Aurélie Loek

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