"Partygate", l'affaire qui menace Boris Johnson

"Partygate" : pour tenter de sauver sa peau, Boris Johnson va faire le ménage au 10 Downing Street

Antoine Llorca avec l'AFP
Publié le 17 janvier 2022 à 7h43, mis à jour le 25 janvier 2022 à 12h23
JT Perso

Source : TF1 Info

MEA CULPA - Plus d'alcool et des licenciements. Selon la presse britannique, Boris Johnson devrait annoncer une série de mesures suite aux révélations sur plusieurs fêtes, parfois très alcoolisées, pendant les différents confinements au 10 Downing Street.

Alors qu'il vient de vivre une des pires semaines de son mandat depuis qu'il a pris le pouvoir en 2019, Boris Johnson veut sauver sa peau. Le Premier ministre britannique va s'attaquer à la "culture sous-jacente" à Downing Street ayant permis plusieurs fêtes en plein confinement, a déclaré dimanche un de ses ministres, le chef du gouvernement britannique cherchant à redresser la barre après avoir vu sa popularité plonger.

Accusé par l'opposition d'avoir "enfreint la loi", "BoJo" s'apprête à annoncer des mesures parmi lesquelles l'interdiction de l'alcool dans les bureaux de Downing Street et le renvoi de plusieurs de ses collaborateurs, selon le Sunday Times

"Je peux vous assurer que le Premier ministre est contrit et profondément désolé de ce qui s'est passé", a déclaré à la BBC Oliver Dowden, président du Parti conservateur et ministre sans portefeuille, interrogé sur ces fêtes. "Mais, plus important encore, il est déterminé à faire en sorte que cela ne puisse pas se produire et que nous nous attaquions à la culture sous-jacente à Downing Street", a-t-il poursuivi.

Des révélations en cascade

Sue Gray, une haute fonctionnaire, enquête actuellement sur cette série d'événements festifs organisés dans la résidence du Premier ministre, qui est aussi son lieu de travail. Oliver Dowden a assuré qu'une fois le rapport de Sue Gray rendu, Boris Johnson assumera la "pleine responsabilité".

Mercredi 12 janvier, le chef du gouvernement a présenté ses excuses devant les députés à la Chambre des communes mais de nouvelles révélations ont continué depuis de surgir, comme le maintien d'"apéros du vendredi" à Downing Street pendant la pandémie, malgré les restrictions interdisant ce type de rassemblements. Il y a aussi eu les révélations sur une fête très alcoolisée à la veille des funérailles du prince Philip et ça alors qu'un confinement était en cours et que le pays observait un deuil national.

Dimanche, le Telegraph a publié en Une une photo de l'épouse du Premier ministre, Carrie Johnson, serrant dans ses bras une amie lors d'une fête en septembre 2020, en violation apparente des règles de distanciation à l'époque. La compagne du Premier ministre a exprimé ses regrets par la voix d'un porte-parole.

Johnson contesté... même dans son camp

Au moins six députés de son camp ont demandé publiquement son départ dont Tim Loughton qui a déclaré sur Twitter que sa position était "intenable". "Sa démission est le seul moyen de mettre fin à tout cet épisode malheureux et je travaille avec des collègues pour bien faire comprendre ce point de vue à Downing Street", a-t-il écrit sur le réseau social. Pour déclencher un vote de défiance et déloger Boris Johnson, il faudrait qu'ils soient au moins 54 députés tories.

Le "partygate" profite au parti travailliste qui a une avance de dix points sur les conservateurs selon plusieurs sondages d'opinion publiés cette semaine. Le scandale a entamé la popularité de Boris Johnson dans son électorat, qui mêle conservateurs traditionnels et classes ouvrières pro-Brexit. Selon un sondage Opinium pour le journal The Observer publié dimanche, 46% des électeurs pro-Brexit qui ont voté pour les conservateurs en 2019 pensent qu'il devrait démissionner, contre 39% qui souhaitent qu'il reste. La cote de popularité de Boris Johnson est au plus bas avec 64 % d'opinions défavorables.


Antoine Llorca avec l'AFP

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