Pêche : Paris va au contentieux avec le Royaume-Uni

Publié le 17 décembre 2021 à 19h00

Source : JT 20h Semaine

POST-BREXIT - La France va demander à la Commission européenne d'engager une procédure de contentieux contre le Royaume-Uni pour tenter d'obtenir encore quelques licences pour ses pêcheurs. En parallèle de ce processus long et incertain, un "plan d'accompagnement"est lancé, pour indemniser les professionnels privés de cet outil de travail.

Le gouvernement l'a annoncé à l'issue d'un entretien d'Emmanuel Macron à l'Élysée, avec les acteurs de la filière et les élus des régions concernées. Après onze mois d'un bras de fer, qui avait succédé au Brexit, pour obtenir l'octroi de licences de pêches dans les eaux britanniques, l'exécutif va finalement demander à la Commission européenne d'engager un contentieux avec le Royaume-Uni. C'est une procédure qui pourrait durer de longs mois durant lesquels les pêcheurs encore privés de licence ne pourront pas exercer normalement leur activité. Le gouvernement a décidé en parallèle d'un "plan d'accompagnement" pour ceux qui restent à quai- au sens littéral de l'expression.

L'accord signé fin 2020 entre Londres et Bruxelles, permettait aux pêcheurs européens de continuer à travailler dans les eaux britanniques... à condition de prouver qu'ils le faisaient déjà avant le divorce entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Mais depuis près d'un an, Paris et Londres se querellent sur le nombre de licences et les modalités pour les obtenir. "Soixante-treize licences sont encore en attente", selon la ministre de la Mer, après l'obtention de plus d'un millier d'autorisations. Annick Girardin a promis que des discussions se poursuivraient avec Londres et les îles anglo-normandes, "pour tenter d'arracher" les dernières licences, mais le gouvernement semble avoir déjà acté que toutes ne seraient pas accordées. 

C'est ce qui transparaît dans l'autre décision prise ce vendredi : mettre en place une indemnisation pour les pêcheurs qui n'obtiendront pas de licence. "Le président souhaite que sur le plan d'accompagnement des pêcheurs", a ainsi déclaré la ministre de la Mer, "nous soyons précis sur l'aide individuelle, et qu'on fasse du cousu-main, cas par cas, bassin par bassin", annonçant aussi qu'un "Monsieur accompagnateur" serait bientôt nommé. 

C'est un problème européen !
Clément Beaune, secrétaire d'État aux Affaires européennes

Les ressources halieutiques britanniques sont vitales pour la filière en France, puisqu'un quart des prises hors Méditerranée en proviennent. Pour les pêcheurs de l'Union européenne, ce sont 650 millions d'euros qui sont retirés chaque année des ventes de ces prises dans les eaux poissonneuses de la Grande-Bretagne. C'est donc à l'échelon européen que le gouvernement a choisi de porter ce différend bilatéral, à deux semaines du début de la présidence française de l'Union. "C'est un problème européen", a martelé le secrétaire d'État aux Affaires européennes Clément Beaune, espérant que Bruxelles maintiendra une "pression politique" sur le dossier.

Les batailles à mener resteront nombreuses au-delà du problème des dernières licences : même si celles-ci étaient acquises, des discussions sont en cours sur les quotas de pêche, les espèces autorisées, ou encore les techniques utilisées. 


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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