États-Unis : exécution de Lisa Montgomery, une première au niveau fédéral en près de 70 ans

La rédaction de LCI
Publié le 13 janvier 2021 à 12h19
États-Unis : exécution de Lisa Montgomery, une première au niveau fédéral en près de 70 ans

Source : Wyandotte County Sheriff's Department / AFP

JUSTICE - Pour la première fois depuis près de 70 ans, les Etats-Unis ont exécuté une femme, Lisa Montgomery, ce mercredi au pénitencier fédéral de Terre-Haute, dans l'Indiana. En 2004, la femme de 52 ans avait tué une femme enceinte de huit mois avant de lui ouvrir l'utérus pour voler son fœtus.

Son sursis n’aura été que de courte durée. Lisa Montgomery, une Américaine de 52 ans, a été exécutée ce mercredi 13 janvier après avoir vu un juge fédéral ordonner de surseoir à son exécution lundi, le temps d'évaluer son état mental. Une décision néanmoins annulée par une cour d’appel saisie par le ministère de la Justice. "Lisa Montgomery, 52 ans, a été exécutée au pénitencier fédéral de Terre-Haute" dans l'Indiana, a finalement annoncé le ministère de la Justice mercredi dans un communiqué. Sa mort, causée par une injection létale, a été constatée à 01h31.

La Cour suprême avait auparavant donné son feu vert à l'exécution dans la nuit, rejetant les ultimes recours des avocats de la condamnée malgré le désaccord de trois magistrats progressistes. Il s’agit de la première exécution fédérale d’une femme aux États-Unis en près de 70 ans. Lisa Montgomery a été condamnée à mort en 2007 dans le Missouri. En 2004, dans l'incapacité d'avoir un nouvel enfant, elle avait tué une femme enceinte de huit mois afin de lui voler son fœtus.

Une demande de clémence ignorée par Trump

Elle avait repéré sa victime, une éleveuse de chiens, sur internet et s'était présentée à son domicile dans le Missouri sous prétexte de lui acheter un terrier. Sur place, elle l'avait alors étranglée, lui avait ouvert l'utérus, avait pris le bébé -qui a survécu- avant de l'abandonner dans une mare de sang. Sans nier la gravité de son crime, les avocats de Lisa Montgomery avaient souligné qu'elle souffrait de troubles mentaux sévères, conséquences de violences et viols en réunion subis dans son enfance.

Fervent partisan de la peine capitale, comme ses électeurs les plus conservateurs, Donald Trump a par ailleurs ignoré une demande de clémence adressée par les soutiens de Lisa Montgomery. L'avocate de celle-ci, Kelley Henry, a qualifié cette nouvelle exécution de "vicieuse", évoquant dans un communiqué "la soif de sang d'une administration en faillite".

De son côté, le président élu Joe Biden, qui prêtera serment le 20 janvier prochain, est un opposant à la peine capitale et a promis de travailler avec le Congrès pour l'interdire au niveau fédéral. Les dernières exécutions fédérales de femmes remontent à 1953, celles de Bonnie Brown Heady pour enlèvement et meurtre et d'Ethel Rosenberg la même année pour espionnage, rappellent les médias américains.


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