Brexit : goodbye United Kingdom

Pénuries de carburant : les prix montent et le Royaume-Uni appelle l'armée à se tenir prête

T.G avec AFP
Publié le 28 septembre 2021 à 6h13
Pénuries d'essence au Royaume-Uni.

Pénuries d'essence au Royaume-Uni.

Source : Ben STANSALL / AFP

PANIQUE À LA POMPE - Le Premier ministre Boris Johnson a demandé à l'armée de se tenir prête à intervenir pour assurer l'acheminement des carburants à travers le pays, confronté à des pénuries qui se multiplient ces derniers jours.

Les pompes sont à sec outre-Manche. À tel point que le Premier ministre Boris Johnson a ordonné lundi à l'armée de se tenir prête à assurer l'acheminement des carburants pour éviter que les pénuries ne se prolongent. "Le déploiement de personnel militaire fournira à la chaîne d'approvisionnement une capacité supplémentaire en tant que mesure temporaire pour aider à atténuer les pressions causées par les pics de la demande localisée de carburant", a ainsi décrit le secrétaire d'Etat Kwasi Kwarteng ce lundi.

La crise a commencé après la fuite, la semaine dernière, d'un rapport confidentiel du géant pétrolier BP décrivant la situation de stations-service fermant par manque de carburant. En réaction, les Britanniques se sont jetés massivement sur les stations essence du pays ce week-end, malgré les recommandations du gouvernement, créant de longues files d'attentes. Des vidéos de conducteurs à cran en venant aux mains près des pompes circulent sur les réseaux sociaux. 

D'après la presse britannique, un certain nombre d'employés, notamment dans les secteurs considérés comme "essentiels", n'ont pas pu se rendre sur leur lieu de travail faute de carburant. La British Medical Association (BMA) a appelé à prendre des mesures d'urgence pour permettre au personnel médical de faire le plein en priorité afin que "le personnel du NHS (système de santé britannique, NDLR) puisse faire son travail". Un message repris par plusieurs personnalités politiques, dont le maire de Londres Sadiq Khan.

Cette décision du gouvernement de s'appuyer sur l'armée britannique intervient alors que l'opposition critique le gouvernement pour son laxisme face aux pénuries qui touchent le Royaume-Uni après sa sortie de l'Union européenne, effective depuis janvier dernier. Le chef de file des travaillistes, Keir Starmer, s'en est pris à l'exécutif pour avoir laissé la situation "devenir incontrôlable, malgré des mois d'avertissements de la part de l'industrie (...) Les conséquences de l'échec de Boris Johnson à se préparer ou à planifier se font sentir dans tout notre pays." 

Un effet secondaire du Brexit et du Covid-19

Ces pénuries tirent leur origine dans le manque de chauffeurs de camions pour l'acheminement des terminaux de stockages vers les pompes. Un problème qui touche d'autres secteurs, notamment les livraisons de produits de consommation dans les supermarchés et les restaurants. Les confinements successifs ont en effet incité les conducteurs étrangers à rentrer dans leur pays, faute de revenus ou de pouvoir passer leur permis poids lourds pendant des mois. 

Le Brexit est venu compliquer la situation, de nouvelles règles migratoires restreignant la circulation des travailleurs venus d'Europe, qui circulaient librement avant. Londres s'est ainsi résolu fin septembre à revenir sur sa politique d'immigration et ainsi accorder des visas de travail de trois mois pour pallier, entre autres, ce manque de chauffeur.

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Dans une déclaration commune publiée par le gouvernement britannique, les principales compagnies pétrolière du pays ont toutefois assuré que la panique des consommateurs était le nœud du problème, et non de réelles pénuries, qui doivent s'atténuer dans les prochains jours selon leurs prédictions. Il reste "beaucoup de carburant dans les raffineries et les terminaux britanniques" ont assuré BP, Shell, Esso et les autres entreprises du secteur.

Autre conséquence de cette crise, les prix à la pompe ont atteint leur plus haut niveau en huit ans au Royaume-Uni. Un nouveau rebond est attendu, selon l'Association automobile britannique (AA) alors que les prix de gros de l'énergie continuent d'augmenter ailleurs en Europe.


T.G avec AFP

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