En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

EN IMAGES - Ukraine : à Kiev, les habitants se réfugient dans le métro pour fuir les bombardements

M.L (avec AFP)
Publié le 24 février 2022 à 13h09
JT Perso

Source : TF1 Info

Après l'annonce de l'invasion russe de l'Ukraine, survenue dans la nuit, de nombreux Ukrainiens se sont précipités dans les bouches de métro de Kiev.
Ils espèrent y trouver un abri contre les bombardements.
Nombre d'entre eux, dont des familles, tentent aussi de prendre un train pour s'éloigner de la capitale.

À Kiev, de nombreux Ukrainiens ont été pris de court par l'annonce dans la nuit de mercredi à jeudi d'une vaste "opération militaire spéciale" dans une déclaration surprise de Vladimir Poutine à la télévision, avant 6h du matin. À l'aube, des frappes aériennes ont été lancées à travers le pays, notamment sur la capitale, où les préparatifs étaient restés discrets et où beaucoup d'habitants n'ont pas cru à la perspective de la guerre, jusqu'au dernier moment. 

Une illusion balayée par les premières explosions, qui ont frappé dès 4h30, et les sirènes d'avertissement anti-bombardement qui ont retenti vers 7h dans le centre de Kiev, ont constaté des journalistes de l'AFP. Au moins deux explosions ont été entendues dans le centre-ville tôt le matin, suivies de sons de sirènes d'ambulances. 

Face à la menace des bombardements, les habitants se sont engouffrés à la hâte dans les stations de métro, espérant y trouver refuge. "J'ai été réveillée par le bruit des bombes, j'ai fait des sacs et je me suis enfuie", dit à l'AFP Maria Kashkoska, une entrepreneuse 29 ans, accroupie en état de choc sur le sol du métro où elle s'est retranchée. La jeune femme veut rester, et se dit "prête à toutes les éventualités".

Devant la station de la place Maïdan, au centre de la ville, une autre femme tente de faire taire les hurlements de son chat, jeté à la va vite dans un sac à dos. "Nous devons sauver nos vies, et on espère que le métro est assez sécurisé, comme c'est sous terre", lance à l'AFP Ksenia Mitchenka.

Une femme avec une valise et une caisse de transport pour chat consulte son téléphone dans une station de métro à Kiev, le matin du 24 février 2022, après l'annonce d'une invasion russe de l'Ukraine. - Daniel LEAL / AFP
Des personnes, certaines portant des sacs et des valises, marchent dans une station de métro à Kiev, tôt le 24 février 2022, après l'annonce d'une opération militaire russe en Ukraine. - Daniel LEAL / AFP

Valises et sacs à la main, de nombreux Ukrainiens, affluent aussi dans le réseau souterrain dans l'espoir de prendre un train et quitter la ville, les yeux rivés sur leur téléphone. Dans les bouches de métro, de nombreux enfants pressent le pas avec leur famille. Sur la photo ci-dessous, leur père tente de rassurer ses fils, tandis que la mère est suspendue à son téléphone, comme beaucoup d'autres voyageurs, qui attendent adossés à leurs bagages ou assis à même le sol.

Une famille s'abrite dans une station de métro à Kiev, tôt le 24 février 2022, après l'annonce d'une invasion russe de l'Ukraine. - Daniel LEAL / AFP
Des jeunes filles tiennent leur téléphone portable alors qu'elles se réfugient dans une station de métro à Kiev, dans la matinée du 24 février 2022, après l'annonce de l'attaque armée russe en Ukraine. - Daniel LEAL / AFP
Un couple assis par terre, réfugié dans une station de métro à Kiev, dans la matinée du 24 février 2022, après l'annonce d'une invasion russe de l'Ukraine. - Daniel LEAL / AFP

Les agents ont ouvert les tourniquets et indiquent le chemin. Sur son compte Twitter, le réseau a indiqué que l'entrée dans les stations et le voyage en métro étaient dorénavant gratuits, et que "le métro fonctionne selon l'horaire habituel". "Nous vous rappelons que 46 stations peuvent fonctionner en mode refuge", précise le compte, renvoyant vers une carte des abris anti-bombes de la ville.

Au bout des interminables escalators, des groupes de personnes attendent. "Nous restons ici, c'est plus sûr, on va attendre ici", explique dans le métro une jeune femme, refusant de donner son nom, qui garde contre elle son sac avec ses papiers, des chargeurs et beaucoup d'argent en liquide, "les essentiels" pour fuir en temps de guerre, dit-elle. 

La nervosité des voyageurs est palpable. Aux abords des stations et dans les couloirs du métro, l'annonce a aussi donné lieu à des scènes d'embrassades, suspendues, au milieu de la précipitation des habitants à se mettre à l'abri ou à quitter la capitale.

Deux personnes se tiennent dans les bras devant une station de métro à Kiev, dans la matinée du 24 février 2022., après l'annonce d'une invasion russe en Ukraine. - Daniel LEAL / AFP
Un couple se parle dans une station de métro à Kiev, tôt le 24 février 2022, après l'annonce jeudi d'une opération militaire russe en Ukraine. - Daniel LEAL / AFP

Dès mercredi soir, dans la foulée de la proclamation de l'état d'urgence, le maire de Kiev Vitali Klitschko a annoncé l'installation de points de contrôle sur les entrées principales dans la capitale et des contrôles renforcés des passagers aux gares et à l'aéroport. L'Ukraine a annoncé la fermeture de son espace aérien pour l'aviation civile, et la Russie a fermé à la navigation la mer d'Azov, qui baigne l'Ukraine et la Russie.

Des habitants ont aussi pris la route, dès les premières heures du jour. Les avenues se retrouvent, alors qu'il fait encore noir, avec le trafic des heures de pointe. Des voitures remplies de familles filent vers l'extérieur de la ville, l'ouest ou à la campagne, au plus loin de la frontière russe, située à 400 km. Si le front de l'est est celui où les bombardements semblent soutenus, aucune région de l'Ukraine ne semble à l'abri

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"Gardez votre calme !", a écrit de son côté sur Twitter le ministre de la Défense, Oleksiï Reznikov. "Si possible, restez chez vous. La situation est sous contrôle (...) Votre tranquillité d'esprit et votre confiance dans les forces armées ukrainiennes sont actuellement la meilleure aide", enjoint-il à la population. Dans une vidéo publiée sur Facebook, le président ukrainien a quant à lui proclamé la loi martiale dans tout le pays. "Pas de panique", "nous allons vaincre", a-t-il affirmé, avant d'appeler dans un Tweet suivant tous les Ukrainiens volontaires à prendre les armes "pour défendre le pays"


M.L (avec AFP)

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