Ukraine : plus de sept mois de guerre

DIAPORAMA - Les images de l'Ukraine défigurée par 100 jours de guerre

Maëlane Loaëc
Publié le 3 juin 2022 à 20h55
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le conflit a entraîné la destruction de centaines de bâtiments, laissant des stigmates frappants dans l'architecture des villes.
Retour en images sur ces paysages ukrainiens dévastés par l'offensive russe et ses bombardements.

Le 24 février dernier, Vladimir Poutine annonçait dans la nuit le lancement de son "opération militaire spéciale" en Ukraine, avec l'objectif prétendu de "dénazifier" le régime de Kiev. Cent jours plus tard, le conflit perdure et s'enlise. Les paysages des villes ukrainiennes ont été ravagés par l'invasion russe, soufflés par les bombardements et devenus le théâtre de violents combats.

Parmi les villes qui portent les plus lourds stigmates de la guerre, Kharkiv : la deuxième ville du pays, située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière russe, a entamé un lent retour à la vie normale mi-mai mais a encore été la cible de quelques bombardements ces derniers jours. Elle a longtemps été pilonnée par les forces, faisant des dizaines de morts. L'offensive russe y a été particulièrement violente début mars, laissant les rues soufflées par les explosions et remplies de débris et de câbles arrachés, notamment sur la Place de la Constitution, comme le montrent ces images avant-après du JT de TF1.

L'un des bâtiments administratifs de Kharkiv, sur la place de la Constitution, partiellement détruit après les bombardements. - TF1
L'un des bâtiments administratifs de Kharkiv, sur la place de la Constitution. - TF1

Autre commune prise pour cible par les Russes : Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov, situé dans le Sud-Est du pays, a été conquise complètement le 20 mai dernier par les forces de Moscou au terme d'une bataille acharnée qui lui a valu la triste réputation de "ville-martyre" du conflit. Les bombardements incessants et le siège de la ville ont coupé les habitants de nourriture, d'électricité et d'eau, et fait des milliers de victimes. Selon Kiev, la ville est à 90% détruite, au moins 20.000 personnes y ont péri.

Le 9 mars, un hôpital pédiatrique et une maternité avaient été visés par des tirs, une scène apocalyptique immortalisée la première photo ci-dessous, qui a fait trois victimes. Les images aériennes qui suivent, capturées le 21 juin 2021 pour la première et le 29 mars dernier pour la deuxième, dévoilent une ville partiellement rasée. L'un des paysages symptomatiques de la violence de l'assaut russe est notamment celui du théâtre de Marioupol, à l'intérieur duquel un millier de civils s'étaient retranchés. Frappé le 16 mars par l'armée de Moscou, le bâtiment a été totalement éventré. Selon une enquête de l’agence Associated Press publiée début mai, la catastrophe aurait tué plus de 600 civils.

Extrait vidéo publié par la police ukrainienne de la maternité de Marioupol, après le bombardement russe - HANDOUT / NATIONAL POLICE OF UKRAINE / AFP
Cette combinaison d'images satellite distribuée par Maxar Technologies montre des maisons et des bâtiments à Marioupol, en Ukraine, le 21 juin 2021 (en haut) et les mêmes maisons et bâtiments détruits le 29 mars 2022. - SATELLITE IMAGE ©2022 MAXAR TECHNOLOGIES / AFP

L'usine sidérurgique d'Azovstal, situé à Marioupol, fut également le théâtre de la violence de ce conflit. Des centaines de civils et de combattants du régiment Azov ukrainien s'étaient retranchés plusieurs semaines sur ce site, qui abrite un labyrinthe souterrain très étendu. Assiégé et pilonné, le bâtiment est finalement tombé aux mains des Russes le 20 mai, après que les derniers combattants se sont rendus. Selon Moscou, 152 corps de soldats ukrainiens y ont été retrouvés. L'image satellite ci-dessous révèle l'ampleur des dégâts engendrés par les combats.

Loin de ces paysages calcinés et de ces bâtiments atrophiés, la photographie en dessous représente quelques promeneurs tranquilles le long de la mer d'Azov, sur une plage dans le port de Marioupol, à la veille du déclenchement de l'invasion russe en Ukraine. Une scène en apparence paisible, quelques heures seulement avant un point de non-retour pour la ville.

Cette image satellite publiée par Maxar Technologies montre l'extrémité ouest de l'usine sidérurgique Azovstal et les conséquences des attaques aériennes et d'artillerie continues sur le complexe dans l'est de Marioupol, en Ukraine, le 12 mai 2022. - Maxar Technologies / AFP
Des femmes marchent le long d'une côte de la mer d'Azov dans la ville portuaire industrielle de Marioupol, en Ukraine, le 23 février 2022. - Aleksey Filippov / AFP
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Quant à Kiev, c'est surtout sa banlieue qui a été particulièrement vulnérable lorsque les troupes de Moscou cherchaient à assiéger la capitale, occupant et défigurant au passage les communes avoisinantes. Parmi elles, Irpin, située au Nord-Ouest de Kiev, et où de larges pans résidentiels de la ville ont été pris pour cibles, comme le laisse voir la photographie ci-dessous, prise le 24 avril : immeubles affaissés sous le souffle des bombes, toits des maisons arrachés, vitres brisées, éclats et débris jonchant les allées.  

Juste en dessous, un cliché montre Borodianka, autre ville de la périphérie de Kiev, photographiée le 4 avril et méconnaissable après le passage des troupes russes, entre ses allées couvertes de boue, ses bâtiments calcinés et une voiture au moteur éventré. Les Ukrainiens accusent les Russes d'y avoir massacré des civils, tout comme à Boutcha, non loin de là, où des dizaines de corps avaient été retrouvés après le départ de l'armée de Moscou.

Cette photographie aérienne prise le 24 avril 2022 montre une zone résidentielle détruite à Irpin, au nord-ouest de Kiev, en pleine invasion russe de l'Ukraine. - Genya SAVILOV / AFP
La ville de Borodianka, méconnaissable après le retrait des troupes russes, le 4 avril 2022. - SERGEI SUPINSKY / AFP

La capitale ukrainienne, elle, a résisté à l'assaut russe qui s'est retranché depuis plusieurs semaines sur le Donbass, à l'Est du pays. Pour autant, Kiev n'a pas été épargnée par les bombardements, en particulier dans ses quartiers périphériques. Au Nord-Ouest de la ville, le centre commercial Retroville a été bombardé par l'armée russe, secouant toute la ville et faisant au moins six morts selon l'AFP. Une scène de désolation révélée par l'avant-après ci-dessous.

Plusieurs bâtiments résidentiels ont également été pris pour cible, les bombardements s'étant intensifiés au début du conflit. Difficile d'imaginer que quelques mois plus tôt, le centre de la capitale ukrainienne se paraissait, le 21 décembre dernier, de décorations de Noël et de guirlandes lumineuses, dans une atmosphère féérique, à l'heure même où la Russie commençait à masser des troupes à la frontière. 

AFP / Google Maps
Les bombardements s'intensifient aussi sur la capitale ukrainienne Kiev. - Aris Messinis / AFP
Des passants visitent une foire de Noël dans le centre de la capitale ukrainienne de Kiev lors d'une soirée d'hiver givrée, le 21 décembre 2021. - Sergei SUPINSKY / AFP

Fin mars, la ministre ukrainienne de l’Économie, Ioulia Sviridenko, chiffrait déjà à "515 milliards d’euros l’impact direct des destructions" de l'offensive russe en Ukraine. Elle comptabilisait, au bout d'un mois de conflit seulement, "près de 8.000 kilomètres de routes endommagées ou détruites", ainsi que "des dizaines de gares, des aéroports", ainsi que dix millions de mètres carrés de logement détruits.


Maëlane Loaëc

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