Pollution : la Nasa traque depuis l'espace les "super-émetteurs" de méthane

M.L (avec AFP)
Publié le 26 octobre 2022 à 16h38
JT Perso

Source : JT 20h WE

L'agence spatiale américaine a lancé en juillet une nouvelle mission, baptisée EMIT.
Elle a permis d'observer plus de 50 "super-émetteurs" de méthane dans différentes régions du monde.
L'objectif : mieux repérer les fuites de cet important gaz à effet de serre, dans l'espoir de les limiter.

Mesurer la pollution sur Terre... depuis les étoiles. Une toute nouvelle mission de la Nasa a permis de détecter depuis l'espace des dizaines de "super-émetteurs" de méthane, une performance dont les scientifiques espèrent qu'elle permettra d'agir afin de limiter les émissions de ce puissant gaz à effet de serre. Ces "super-émetteurs" sont généralement des sites liés aux secteurs des énergies fossiles, de l'agriculture ou encore du traitement des déchets, notamment dans les zones de décharges, le méthane résultant alors de la décomposition.

Des fuites d'autant plus importantes à détecter que le méthane est responsable d'environ 30% du réchauffement de la planète. Même s'il reste beaucoup moins longtemps dans l'atmosphère que le CO2, il a un pouvoir de réchauffement 80 fois supérieur sur une période de 20 ans. Une réduction de ses émissions est ainsi cruciale pour permettre de respecter les objectifs de l'accord de Paris sur le climat.

"Ce que nous avons trouvé dépasse déjà ce qu'on pouvait imaginer"

Lancée dans l'espace en juillet et installée sur la Station spatiale internationale, la mission, baptisée EMIT, était d'abord destinée à observer la façon dont le déplacement de poussières minérales affecte le climat. Mais cet outil s'est également révélé utile pour une autre tâche cruciale : il a permis d'observer plus de 50 "super-émetteurs" en Asie centrale, au Moyen-Orient et dans le sud-ouest des États-Unis, a déclaré la Nasa mardi. 

Cette capacité "va non seulement aider les scientifiques à mieux localiser d'où les fuites de méthane proviennent, mais aussi aider à comprendre comment on peut s'y attaquer, et rapidement", a déclaré le patron de la Nasa, Bill Nelson. L'outil, très puissant, est capable à la fois d'examiner des bandes "de plusieurs dizaines de kilomètres de large" mais aussi se concentrer sur "des zones aussi petites qu'un terrain de football", précise l'agence spatiale dans un communiqué.

Cette technologie a permis de détecter des panaches dont certains "sont parmi les plus grands jamais vus", a ajouté dans un communiqué Andrew Thorpe, du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa. "Ce que nous avons trouvé en si peu de temps dépasse déjà ce qu'on pouvait imaginer." 

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Au Turkménistan, l'instrument a identifié douze panaches issus d'une infrastructure gazière et pétrolière à l'est de la ville portuaire de Hazar, dont certains s'étendent sur plus de 32 kilomètres. Dans l'État américain du Nouveau-Mexique, un autre panache long d'environ 3,3 kilomètres a été détecté au niveau de l'un des plus grands champs pétrolifères du monde. En Iran, au sud de Téhéran, un panache d'au moins 4,8 kilomètres a été observé, issu d'un complexe de traitement des déchets. Les scientifiques estiment que ces trois sites relâchent respectivement 50.400, 18.300 et 8500 kilos de méthane par heure.

EMIT est "le premier d'une nouvelle classe de spectrographes imageurs destinés à observer la Terre", a souligné la Nasa, bien que les méthodes de détection par satellite des fuites de méthane se soient déjà grandement développées ces dernières années. Les données qu'il recueille seront transmises à un centre de données de la Nasa, en vue d'être "utilisées par d'autres chercheurs et par le public".


M.L (avec AFP)

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