Le "Charles-de-Gaulle" part en mission en Méditerranée à partir de lundi.
Pour la première fois de son histoire, le porte-avions français sera sous commandement de l'Otan pendant une partie de la mission.
Ce déploiement sous commandement otanien a été critiqué par certains responsables politiques.

C’est une mission d’environ six semaines en Méditerranée. Son nom ? Akila, c'est-à-dire "aigle" en roumain. Le porte-avions Charles-de-Gaulle part en Méditerranée à partir du lundi 22 avril. Au moins 3000 marins seront à bord. Fait inédit, le fleuron de la flotte française sera sous commandement de l’Otan durant quinze jours, sous le commandement de l'état-major maritime StrikforNato. Des unités alliées provenant de plusieurs nations, les Etats-Unis, l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal seront en effet accueillies lors de cette mission dirigée par un vice-amiral américain. Le Charles-de-Gaulle reprend ainsi à partir de lundi les opérations après huit mois de travaux

Le groupe aérien embarqué autour du Charles-de-Gaulle comprendra pour Akila 18 avions de combat Rafale Marine, deux avions de guet aérien E-2C Hawkeye et deux hélicoptères Dauphin, précisent le magazine Air et Cosmos et Mer et Marine. Le reste du groupe aéronaval (GAN) comprendra un sous-marin nucléaire d’attaque, une frégate de défense aérienne et une frégate multi-missions. Akila doit s'achever par un exercice de haute intensité, Mare Aperto, co-organisé par les marines italienne et française. 

"Nous participerons aux activités de l’Alliance en Méditerranée et dans toute l’Europe pour renforcer sa posture défensive et dissuasive, contribuer à la sécurité collective et soutenir les opérations visant à favoriser la stabilité régionale", a indiqué lors d’un point presse le contre-amiral Jacques Mallard, commandant du groupe aéronaval (GAN). "Depuis 10 ans, le groupe aéronaval français a intégré une trentaine de frégates étrangères venant de douze nations différentes", a-t-il rappelé. 

"C’est la première fois que l'on place le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle et l'ensemble de son escorte, dont un sous-marin nucléaire d’attaque, sous le contrôle opérationnel de l’Otan pendant 15 jours", a de son côté souligné le vice-amiral français Didier Maleterre, numéro deux du commandement maritime de l’Otan. Mais "à tout moment on peut récupérer le mandat, et en un claquement de doigt récupérer le commandement national en cours d’opérations si nécessaire", a précisé le haut gradé. 

Des critiques politiques

Le déploiement sous commandement otanien avait été critiqué par certains responsables politiques défiants envers l’Otan, notamment à l’extrême droite et du côté de la gauche radicale. Le 12 avril, une passe d’armes entre Jean-Luc Mélenchon et Sébastien Lecornu avait agité le réseau social X. Le chef de file des Insoumis avait fait part de sa "tristesse" de voir le porte-avions Charles-de-Gaulle "passer sous commandement Otan", dénonçant la "vassalisation affichée" de la France. "Il ne faut pas céder au mensonge : la France ne perd jamais le commandement de ses forces placées sous pavillon de l’Otan. Nous sommes souverains", avait répondu le ministre des Armées. 


JC avec AFP

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