Mali : la France met fin à une décennie de présence militaire

Possible tentative de coup d'État déjouée au Mali : ce que l'on sait

Julien Moreau
Publié le 18 mai 2022 à 6h10
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le porte-parole du gouvernement malien de transition a annoncé, ce lundi 16 mai, qu’un coup d’État a été déjoué par la junte au pouvoir.
Une tentative de coup d’État qui aurait eu lieu dans la nuit du 11 au 12 mai.
Pour Bamako, les hommes qui ont tenté ce putsch sont soutenus par un État occidental.

Le Mali aurait déjoué un coup d'État soutenu par un État occidental et Bamako a affirmé que les forces armées du pays auraient arrêté des officiers maliens à la solde de cette puissance. "Un groupuscule d’officiers et de sous-officiers progressistes maliens ont tenté un coup d’État dans la nuit du 11 au 12 mai 2022. Ces militaires étaient soutenus par un État occidental", a déclaré Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement malien de transition, lors d’un bulletin spécial diffusé à la télévision d’État malienne, ce lundi 16 mai.

"L’opposition de certains États du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manœuvres d’un État extra-régional visant désespérément à isoler notre pays", a-t-il ajouté. Devenu un visage et un uniforme familiers des téléspectateurs, le colonel Abdoulaye Maïga n'a fourni aucun détail supplémentaire sur le déroulé des évènements.

Cette annonce fait suite au retrait retentissant, ce dimanche 15 mai, du pays de la force conjointe du G5 Sahel crée en 2014 avec la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. Même si le porte-parole du gouvernement malien n'a pas spécifié quel était "l'État occidental" qui aurait concouru à ce "dessein malsain", une majorité de Maliens ont pensé que la France a joué un rôle non négligeable.

"Au Mali, on accuse à demi-mot les puissances étrangères et évidemment on pense tout de suite à la France. La France qui aurait, d’une part, eu un rôle à jouer dans la difficulté pour le Mali à prendre la présidence du G5 Sahel (en février dernier)", a rapporté Jérôme Pigné, membre du réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel, sur les antennes de France 24.

Un colonel malien aurait participé à la tentative de coup d'État

Dans les heures qui ont suivi la première prise de parole d’Abdoulaye Maïga, des noms ont commencé à sortir. "Le colonel (Amadou) Keïta est parmi les putschistes arrêtés", a déclaré un responsable du ministère de la Défense sous le couvert de l'anonymat en raison de la sensibilité de cette affaire. 

Le colonel Keïta, bien que présumé avoir fait partie des putschistes de la première heure en 2020, n'est pas un visage connu parmi les officiers qui ont pris le pouvoir il y a bientôt deux ans. Son nom apparaît avec six autres sur une liste qui a commencé à tourner comme étant celles des personnes arrêtées en lien avec l'affaire. Une liste à prendre avec des pincettes, l'une des personnes a été interpellée une semaine avant les faits.

Mais pourquoi la junte a-t-elle pris autant de temps avant de prendre la parole ? Tout simplement parce qu’une grande discrétion caractérise par ailleurs l'exercice des responsabilités par une junte qui tient toutes les commandes du pouvoir sans quasiment aucune opposition.

La justice avait révélé a posteriori, en novembre 2021, l'existence de ce qu'elle avait présenté comme une tentative de coup d'État menée par six hommes les semaines précédentes. Parmi les conspirateurs présumés figurait le colonel-major Kassoum Goïta, qui faisait partie des officiers putschistes d'août 2020 encore au pouvoir.


Julien Moreau

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