Présidentielle américaine : trois choses à savoir sur Ron DeSantis, principal rival de Donald Trump chez les Républicains

par Sebastie MASTRANDREAS avec AFP
Publié le 24 mai 2023 à 18h54, mis à jour le 24 mai 2023 à 20h38

Source : TF1 Info

Le gouverneur de Floride a déposé sa candidature à la présidentielle américaine ce mercredi 24 mai.
À 44 ans, il s’est forgé un profil ultra-conservateur, avec des prises de positions dures contre l’immigration, les droits LGBT+ ou encore l’avortement.
Il apparaît comme un des candidats crédibles face à Trump dans le camp Républicain.

Arrivé récemment sur la scène politique américaine, Ron DeSantis parviendra-t-il à faire assez d’ombre à Donald Trump pour prétendre à la Maison Blanche ? Le Républicain, actuel gouverneur de Floride, apparaît comme un candidat de plus en plus crédible à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2024, face à son ex-mentor, Donald Trump

Ce mercredi soir, il a officiellement déposé sa candidature pour la présidentielle et doit la détailler en direct sur Twitter, lors d’un échange avec Elon Musk. L’homme politique de 44 ans s’est forgé, en quelques années, un profil ultra-conservateur, avec des prises de positions dures contre l’immigration, les droits LGBT+ ou encore l’avortement. Voici trois choses à savoir sur Ron DeSantis, que le Financial Times décrit comme "Donald Trump avec un cerveau, mais sans le drame". 

Ancien officier de la marine américaine

Originaire de Jacksonville, en Floride, Ron DeSantis est issu d’une famille modeste. Il étudie l’histoire puis le droit dans les prestigieuses universités de Yale et d’Harvard, où il est capitaine de l’équipe de baseball. En 2004, il s’engage dans la marine américaine, en tant qu’officier, comme conseiller juridique. Il sera notamment déployé en Irak, en 2007. Ron DeSantis quitte l’armée en 2010, mais continue de servir en tant que réserviste, et exerce en tant que procureur fédéral.

C’est deux ans plus tard qu’il se lance en politique. En 2012, il est élu pour la première fois à la Chambre des représentants sous la bannière Républicaine, dans le 6e district de Floride, l’un des plus conservateurs de l’État. Proche du Tea Party, DeSantis va axer sa campagne sur la réduction des impôts et une opposition féroce à Barack Obama, alors président des États-Unis, rappelle la BBC. L’élu ne s’arrête pas là dans son ascension politique. En 2018, il vise le siège de gouverneur de Floride. Avec le soutien de Donald Trump tout juste élu à la Maison Blanche, DeSantis entre en campagne. Il devient gouverneur en janvier 2019, après une courte et inattendue victoire contre le démocrate Andrew Gillum.

Pro-armes, anti-IVG, en lutte contre la "bien-pensance"

Lors de ses premiers mois de mandat, Ron DeSantis pousse des réformes sur l’éducation, l’environnement ou encore la légalisation du cannabis médical, qui le rendent populaire. L’arrivée du Covid-19, en 2020, où il tarde à décréter un confinement, érode cette popularité. Assez vite, il dénonce la politique vaccinale de Joe Biden, et réclame une enquête sur "les crimes et les actes répréhensibles commis contre les Floridiens", en lien avec les vaccins anti-Covid. DeSantis crée en outre un comité d’intégrité de la santé publique, censé s’opposer aux recommandations fédérales des CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies). 

"Défendre la dignité de la vie humaine et de transformer la Floride en un État pro-famille"
Ron DeSantis

Jusqu’à sa réélection triomphale en décembre 2022 à la tête de la Floride, Ron DeSantis poursuit sa bataille contre "la bien-pensance". Il élargit le droit aux armes à feu et la peine de mort, réprime sévèrement l’immigration clandestine et signe un projet de loi interdisant la plupart des avortements après six semaines de grossesse. Son mort d’ordre : "Défendre la dignité de la vie humaine et de transformer la Floride en un État pro-famille", souligne encore la BBC.

Ces derniers mois, la mandature de DeSantis a été marquée par sa bataille judiciaire avec Disney, qui s'est opposé publiquement à l'un de ses projets de loi, jugé homophobe par ses opposants. Surnommé "Don't Say Gay" (Ne pas dire "gay", NDLR), ce texte interdit notamment les enseignements sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre à l'école. En représailles, le gouverneur a fait adopter une loi pour prendre le contrôle du district autonome du groupe de divertissement, implanté dans de nombreux parcs en Floride.

Manque de charisme face à Trump

En quelques années, ses prises de position et sa politique ultra-conservatrice ont hissé Ron DeSantis au rang de candidat potentiel à la présidentielle de 2024. Mais son chemin jusqu'à la Maison Blanche est semé d'embûches. Le gouverneur accuse un sérieux retard face à Donald Trump - officiellement candidat depuis le 16 novembre 2022 - selon de nombreuses enquêtes d'opinion. 

Dans une récente enquête réalisée par l’agence Reuters/Ipsos, Trump recueillerait ainsi 58% de soutien chez les électeurs républicains, DeSantis n’arrivant qu’à 21 %. Des sondages qui doivent être pris avec des pincettes, tant le scrutin est encore loin, mais que Donald Trump s'est empressé de partager sur son réseau social mardi, dès les premières rumeurs de l'annonce de Ron DeSantis. Le principal handicap de ce père de trois enfants : un manque de charisme, pointé de toutes parts. Et sur lequel le camp Trump n'hésite pas à l'attaquer. 


Sebastie MASTRANDREAS avec AFP

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