Présidentielle au Brésil : pourquoi Bolsonaro est-il populaire aussi dans les favelas ?

TF1info | Reportage : Florian Litzler, Romain Reverdy
Publié le 30 octobre 2022 à 14h06, mis à jour le 30 octobre 2022 à 17h50

Source : JT 13h WE

Les candidats Lula et Bolsonaro s'affrontent dans un second tour, pour la présidence du Brésil.
Si le candidat de gauche est majoritaire dans les quartiers populaires, le président sortant y a aussi des soutiens.
Une équipe de TF1 s'est rendue dans la plus grande favela de Sao Paulo, où l'église évangélique donne son appui au candidat de droite.

C'est la dernière ligne droite et la dernière marche électorale pour les partisans de Lula, dans la favela d'Heliópolis, la plus grande de Sao Paulo. "Je veux un meilleur pays, un meilleur président", commente une femme qui tient la main de son petit garçon. "Je m'inquiète pour mon avenir et celui de mes enfants." 

Pour beaucoup d'habitants, le candidat de gauche incarne l'espoir. Ces personnes vivent presque toutes dans la pauvreté. Au Brésil, de nombreux produits de base ont vu leurs prix s'envoler ces dernières années. L'inflation ne permet plus aux Brésiliens de subvenir à leurs besoins. Le prix de l'huile a, par exemple, été multiplié par quatre

Priscila Inacio a ouvert les portes de son domicile aux journalistes de TF1. Au chômage, endettée au point de ne même plus pouvoir se nourrir correctement, elle témoigne : "J'ai des os pour le chien, une bouteille de coca, et ces saucisses. Elles sont bientôt périmées, je les ai payées moins cher." 

Bolsonaro a des soutiens surprenants au sein des favelas

Mais le président Bolsonaro, même s'il a supprimé des aides sociales destinées aux plus précaires, a quand même des partisans au sein des favelas. Le soir, ils se retrouvent notamment dans une petite église évangélique. À l'approche du scrutin, la politique s'invite dans les sermons.

Ici, pasteurs et fidèles votent Jair Bolsonaro, pour des raisons qui n'ont aucun rapport avec l'économie. "Je ne pourrai jamais soutenir Lula, parce que ses idées politiques sont trop déconnectées de la réalité brésilienne, comme la légalisation de l'avortement et les drogues", rapporte ainsi le pasteur Leo Ota.

Un Brésilien sur cinq appartient à une église évangélique. Ce courant du protestantisme est majoritairement favorable à Bolsonaro, tandis que les catholiques se rangent traditionnellement plus à gauche. De nombreux fidèles évangéliques vivent dans les favelas, et leur vote pourrait être décisif dans le scrutin.


TF1info | Reportage : Florian Litzler, Romain Reverdy

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