La 33e cérémonie des Ig-Nobel a été diffusée le 14 septembre dernier.
Elle récompense les travaux scientifiques "qui font d'abord rire les gens, puis les font réfléchir".
Le prix de chimie a, par exemple, récompensé des travaux expliquant "pourquoi de nombreux scientifiques aiment lécher des cailloux".

Des toilettes capables d'analyser rapidement les selles, des araignées réanimées en robots, des personnes qui parlent à l’envers… Voilà quelques exemples de recherches mises à l’honneur par les "anti-Nobel" 2023. Une compétition américaine baptisée Ig Nobel 2023 - jeu de mot sur "ignoble" en anglais - qui vise « d'abord à faire rire, ensuite à faire réfléchir ». Elle récompense cette année une dizaine d'études dans le domaine de la « recherche improbable". 

La 33e édition, crée en 1991 par Marc Abrahams, éditeur et cofondateur du magazine scientifique humoristique Annals of Improbable Research a été diffusée en ligne jeudi 14 septembre. Ce sont des lauréats des vrais prix Nobel, certains coiffés de chapeaux extravagants, qui ont décerné les Ig-Nobel. Des prix qui s'accompagnent d'une récompense de dix milliards de milliards de dollars zimbabwéens, soit une valeur proche de zéro compte tenu de l'inflation astronomique qui touche ce pays africain.  

Lécheurs de cailloux

Le prix de chimie et géologie a été décerné à Jan Zalasiewicz, géologue à l'Université de Leicester (Angleterre), "pour avoir expliqué pourquoi de nombreux scientifiques aiment lécher des cailloux". Le lauréat a indiqué avoir écrit son étude intitulée "Manger des fossiles" après s'être rendu compte que "des géologues du XVIIIe siècle utilisaient le goût des cailloux pour mieux les identifier".

Toilettes pour analyse

Seung-min Park, instructeur en urologie à l'Université américaine de Stanford, s'est quant à lui distingué avec le prix de santé publique pour des toilettes capables d'analyser rapidement les selles. La "cuvette-WC de Stanford" dispose même d'un senseur d'empreinte anale capable de reconnaître à quel individu appartient l'orifice examiné, un peu comme le fait un logiciel de reconnaissance du visage pour les smartphones.

Réanimer des araignées en robots

Le prix d'ingénierie mécanique a été décroché par des chercheurs américains de l'Université de Rice, à Houston (États-Unis). Ils ont "réanimé" des tarentules mortes pour utiliser leurs pattes comme des pinces. "Le travail de 'nécrobotique' consiste à utiliser des parties d'animaux dans des robots", ont-ils expliqué. Sur une vidéo, on voit ainsi des araignées mortes, dont les pattes s'ouvrent pour saisir un petit objet. 

Parleurs en verlan

L'Ig-Nobel de communication revient à une équipe de chercheurs qui ont étudié l’activité neuronale des personnes capables de parler rapidement à l'envers. Les récipiendaires ont accepté leur prix en verlan. L'économiste Franco-Américaine Esther Duflo, lauréate du Nobel d'économie en 2019, chargée de remettre ce prix, a suggéré que les chercheurs se penchent sur cette pratique très répandue en France. 

Un goût électrique

Homei Miyashita, professeur à l’université Meiji au Japon s'est illustré dans la catégorie Nutrition grâce au développement de baguettes et pailles électrifiées qui rehaussent le goût des aliments et des boissons." Cela permet d'augmenter le caractère salé de la nourriture", a-t-il déclaré lors de la cérémonie de remise des prix.

Sexe et anchois

Le Ig-Nobel de physique a récompensé des travaux cherchant à mesurer si le mélange des eaux océaniques est affecté par l'activité sexuelle des anchois. "Je crois qu'il y a un consensus sur le fait que ça n'a pas d'importance", a regretté Bieito Fernandez Castro, l'un des lauréats, maître de conférences au Centre national d'océanographie de Southampton de l'Université de Southampton en Angleterre.

Pilosité cadavérique

En médecine, des chercheurs américains ont été distingués pour l'étude sur le nombre de poils dans les narines sur des cadavres. Les chiffres varient bien d'un décédé à l'autre, mais en moyenne la narine de gauche abrite 120 poils contre 112 pour celle de droite. 

Parmi les autres prix décernés, celui de psychologie a été décerné à des chercheurs ayant démontré que plus il y a de gens regardant en l'air, plus nombreux sont les passants qui les imitent. Celui d'éducation a récompensé des chercheurs qui ont étudié l'effet qu'ils pouvaient avoir sur leurs étudiants s'ils ont l'air de s'ennuyer. Enfin, en littérature, une équipe internationale a été récompensée pour "l'étude des sensations éprouvées par des gens répétant un même mot beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de fois". Avec la conclusion que cette répétition rendait singulier quelque chose de familier, et permettait d'atteindre ainsi un état de "jamais vu", et non pas de "déjà vu".


MB

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