Prix Nobel de la paix : qui sont les trois lauréats ?

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Publié le 7 octobre 2022 à 13h17
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Source : TF1 Info

Le Nobel de la paix a couronné vendredi le militant biélorusse Ales Beliatski, l'ONG russe Memorial et le Centre ukrainien pour les libertés civiles.
TF1info vous présente ce trio de représentants de la société civile en Ukraine, en Russie et en Biélorussie.

Tout un symbole. S'il se défend d'avoir choisi ses lauréats en réaction à la guerre de Vladimir Poutine en Ukraine, le comité du Nobel a opté pour un triple prix qui fait particulièrement écho à l'actualité. Le prix récompense en effet un trio de représentants des sociétés civiles en Europe de l'Est : le militant biélorusse Ales Beliatski, l'ONG russe Memorial et le Centre ukrainien pour les libertés civiles.

Ales Beliatski et Viasna

Ales Beliatski est depuis des décennies, avec son organisation Viasna ("Printemps"), le visage de la défense des droits en Biélorussie, un pays toujours plus autoritaire. Âgé de 60 ans, il est actuellement en prison. Il avait été arrêté pour "évasion fiscale", affaire perçue comme une vengeance du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 et qui musèle toute forme de critique à coup d'arrestations ou de matraques, depuis le vaste mouvement de contestation post-électoral de l'été 2020 qui a fait trembler son régime.

Ce n'est pas le premier passage en prison d'Ales Beliatski ni sa première vague de répression. Sa précédente incarcération, pendant près de trois ans, de 2011 à 2014, avait été aussi orchestrée pour des motifs fiscaux. Son arrestation était alors intervenue quelques mois après une présidentielle qui avait déjà donné lieu à des manifestations d'opposition sévèrement réprimées.

Fondée en 1996 lors de manifestations massives pro-démocratie en Biélorussie, une ex-république soviétique déjà dirigée alors d'une main de fer par M. Loukachenko, Viasna a commencé son travail en apportant une aide aux personnes incarcérées et à leurs proches. Son travail s'est ensuite étendu à la défense des droits humains en général, dans un pays où les abus sont généralisés en la matière.

L'ONG Memorial

Une organisation emblématique en Russie. Fondé en 1989, Mémorial n'a eu de cesse avant sa dissolution d'interpeller le Kremlin. Des crimes staliniens aux exactions en Tchétchénie, l'organisation, créée par des dissidents soviétiques dont le prix Nobel de la Paix Andreï Sakharov, faisait autorité par ses enquêtes rigoureuses, notamment sur les exactions de paramilitaires russes en Syrie. Parallèlement, Memorial dressait la liste des prisonniers politiques, leur fournissait une assistance, comme aux migrants et aux minorités sexuelles.

C'est surtout pour son travail en Tchétchénie, république russe du Caucase théâtre de deux guerres, que l'ONG s'était fait connaître en Occident, où elle jouissait d'un grand prestige, ayant reçu le prix Sakharov du Parlement européen en 2009. Cette même année, la responsable de l'ONG en Tchétchénie, Natalia Estemirova, avait été enlevée en plein jour et exécutée d'une balle dans la tête à Grozny.

L'hiver dernier, la justice russe avait prononcé la dissolution de Mémorial pour des violations d'une loi controversée sur les "agents de l'étranger", une décision qui avait choqué en Occident comme en Russie et suscité une avalanche de condamnations.

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Le Centre pour les libertés civiles

Le Centre pour les libertés civiles est une ONG ukrainienne fondée en 2007, à Kiev. Il est dirigé par l’avocate Oleksandra Matviichuk. L’organisation a joué un rôle pour défendre les citoyens lors des manifestations pro-européennes de 2013-2014, dites Euromaïdan. À l'époque, l'ONG a aussi documenté les crimes de guerre perpétrés dans le Donbass et en Crimée. 

Depuis le début de la guerre en février, savoir, le Centre tente de réunir tous les éléments de preuves sur les abus contre les droits de l’homme et documente les crimes de guerre. Il permet également de mettre en lien les Ukrainiens qui ont besoin d’assistance sur le terrain. 


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