Le premier témoignage d’une plaignante a été recueilli ce mercredi au procès de Benjamin Mendy.
La jeune femme évoque une tentative de viol et des faits qui ont eu lieu en 2018.
Au total, dix chefs d'accusation d'infractions sexuelles pèsent désormais à l'encontre du joueur.

En ce cinquième jour de procès, la parole est aux plaignantes. L'international français Benjamin Mendy, champion du monde de football en 2018, est jugé en Angleterre pour huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle contre sept femmes. Le joueur de 28 ans nie en bloc les dix chefs d'accusation qui concernent des faits qui se seraient déroulés entre octobre 2018 et août 2021 à son domicile de Prestbury, dans le Cheshire. 

Ce mercredi, l'audience a permis d'entendre un premier témoignage d'une des victimes présumées, qui a préféré rester anonyme. La jeune femme a évoqué une tentative de viol et des faits qui auraient eu lieu en 2018. Quatre ans plus tard, en janvier 2022 la plaignante s'était rendue devant la police. C’est par le biais d’une vidéo enregistrée que la plaignante a évoqué son agression. Cette procédure propre au Royaume-Uni (article 28) permet aux victimes de ne pas être présente au procès.

2017 : date de la première rencontre en boîte de nuit

La jeune femme a commencé son témoignage par la rencontre avec le footballeur. Elle le voit pour la première fois avec l’un de ses amis dans une boite de nuit à Barcelone en 2017. La plaignante précise avoir davantage échangé avec l’ami du joueur et de facto n’a pas eu beaucoup d’interactions avec Benjamin Mendy. La soirée se passe normalement, rien n’est inhabituel. La plaignante aurait gardé contact avec l’ami de Benjamin Mendy et aurait prévu de le revoir. L'année suivante, elle dit s'être rendue à Manchester pour y voir Mendy et son ami. 

Quand il ne regardera pas, je te kidnapperai"
Ce qu'aurait dit Benjamin Mendy à une des jeunes femmes

La victime raconte avoir rejoint l'ami de Benjamin Mendy, le joueur et d'autres personnes dans un restaurant. Lors de cette seconde soirée, ils ont joué à des jeux d'alcool. Ensuite, le groupe a pris la direction de deux boîtes de nuit. C'est là que le joueur serait venu vers elle et lui aurait dit : "Quand il ne regardera pas, je te kidnapperai." Une phrase qu'elle prenait à ce moment-là pour une plaisanterie.

Dans son témoignage à la police, la jeune femme affirme qu'elle était ivre au moment où le groupe est rentré au manoir de Benjamin Mendy. Elle s'est dite toutefois consciente. Elle se serait réveillée le lendemain matin, aurait pris son téléphone avant de descendre. Benjamin Mendy était en bas, il lui aurait indiqué avoir un chargeur dans sa chambre en lui proposant d’y aller. 

"Tu as peur ? Tu n'as pas à avoir peur. Je ne vais rien te faire"

La victime présumée retourne dans la chambre dans laquelle elle avait dormi et décide de prendre une douche. Le défenseur de Manchester City serait entré dans la salle de bain alors qu'elle était nue. Elle aurait insisté pour qu’il parte. Voyant le footballeur rester, la jeune femme aurait alors mis une serviette sur elle avant d'attraper des sous-vêtements pour "se protéger". "Il n'arrêtait pas de m'en empêcher", précise-t-elle. La plaignante précise qu'elle "n'arrêtait pas de repousser" le footballeur. "Il s'est assis sur le lit et m'a mise sur lui", détaille-t-elle. La jeune femme n'a cessé de souligner qu’elle aurait demandé plusieurs fois au jour d’arrêter. 

Son témoignage se poursuit. Benjamin Mendy aurait enlevé son boxer en lui disant "tu as peur ? Tu n'as pas à avoir peur, je ne vais rien te faire." La plaignante sous le choc dit ne pas avoir crié à l’aide, malgré la présence d’autres personnes dans la maison. "J’ai essayé de prendre mes distances mais il n’arrêtait pas de me suivre" alors qu’elle tente d’attraper ses sous-vêtements.

Au cours du contre-interrogatoire de la défense de Mendy, son avocate suggère à la plaignante qu'elle et le joueur étaient "ensemble dans le lit". La jeune femme lui répond que c’est faux. Selon l'avocate, la victime présumée aurait pu partir quand elle le voulait. 


Samuel AZEMARD

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