Propos d'Emmanuel Macron sur Taïwan : la France répète être un allié "fiable" mais "pas suiviste" des États-Unis

par I.N avec le service politique de TF1-LCI
Publié le 12 avril 2023 à 18h04, mis à jour le 12 avril 2023 à 18h24

Source : JT 20h WE

Emmanuel Macron a suscité une vague d'incompréhension aux États-Unis et en Europe.
Ces derniers jours, il a appelé l'UE à ne pas être "suiviste" de Washington ou Pékin sur la question de Taïwan.
La France est un allié "fiable" des États-Unis, mais revendique de ne pas être "suiviste", martèle ce mercredi une source diplomatique française.

Ses propos sont assumés. Dans une interview au site américain Politico et au quotidien Les Échos parue dimanche, le président de la République Emmanuel Macron a suscité une vague d'incompréhension. "La pire des choses serait de penser que nous, Européens, devrions être suivistes" sur la question de Taïwan "et nous adapter au rythme américain et à une surréaction chinoise", a-t-il déclaré.

Des propos aussitôt interprétés comme une prise de distance à l'égard de Washington - alors que les États-Unis sont très engagés auprès de l'Ukraine depuis le début de l'offensive russe - mais assumés. "Le président de la République assume entièrement son propos", assure ce mercredi une source diplomatique française. "Le propos porte sur une chose : la souveraineté européenne. Le président de la République n'a pas dit que nous ne nous préoccuperions pas de la sécurité de Taïwan, il n'a pas justifié la politique chinoise vis-à-vis de Taïwan, il a dit que l'Europe devrait souverainement déterminer quels seraient ces intérêts."

"Allié ne signifie pas être vassal", martèle Emmanuel Macron

La France n'ignore pas les actions autour de Taïwan, alors que la Chine a mené des exercices militaires pour faire pression sur l'île. "La question de Taïwan doit être réglée pacifiquement", ajoute cette source. "La France est le seul pays européen qui patrouille régulièrement dans le détroit de Taïwan. Nous avons fait une démonstration d'engagement pour un Indo-pacifique ouvert et un refus de l'escalade des tensions dans la région. Nous sommes un partenaire de Taïwan."

Et toujours un allié des États-Unis. "Nous sommes des alliés fiables, solides, engagés", insiste-t-on de même source. "Mais nous sommes des alliés qui décidons pour nous-mêmes. Donc, nous ne sommes pas suivistes. Nous décidons pour nous-mêmes en tant qu'alliés solides, responsables, engagés." "Allié ne signifie pas être vassal", a d'ailleurs répété Emmanuel Macron ce mercredi lors d'une visite d'État aux Pays-Bas. "La France est pour le statu quo à Taïwan, soutient la politique d'une seule Chine" et la recherche "d'un règlement pacifique."

Ce qu'a affirmé le chef de l'État lors de sa visite en Chine. Emmanuel Macron "a été d'une clarté parfaite avec Xi Jinping sur Taïwan", indique cette source diplomatique française. "Il lui a dit que, conformément à la déclaration chinoise de 1996, la France respecte de principe d'une seule Chine, et que la question de Taïwan ne devait être réglée que par des moyens pacifiques. Cette ligne, constante, est également celle des États-Unis. Il n'y a aucun changement sur le fond, c'est une invitation très claire à ce que la question soit réglée de manière pacifique."

Car si les armes venaient à parler, "qui peut croire qu'un an après le début de cette guerre [en Ukraine], il soit possible d'aller faire la guerre par ailleurs à Taïwan ?", martèle cette source diplomatique. "Le risque d'accident grandit. Qui veut un embrasement ? Personne. Le président de la République invite chacun à utiliser les instruments du dialogue pour atteindre une solution pacifique. Nous avons besoin plutôt de négociations que d'affrontement. Et Joe Biden ne veut pas la guerre."


I.N avec le service politique de TF1-LCI

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