Une délégation des pays ouest-africains n'a passé que quelques heures à Niamey, ce vendredi.
Ces derniers ont posé un ultimatum qui expire dans deux jours pour rétablir le président Bazoum.
Les putschistes déclarent cesser toute coopération militaire avec la France.

La situation semble plus tendue que jamais au Niger. Une délégation des pays ouest-africains (Cédéao), missionnés pour trouver une issue diplomatique à la crise, n'a passé que quelques heures à Niamey, ce vendredi 4 août.

Derrière les poignées de mains et les sourires, que l'on peut voir dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article, c'est un bras de fer entre voisins qui se déroule. D'un côté, les putschistes du Niger ; de l'autre, une délégation de pays ouest-africains. Ces derniers ont posé un ultimatum pour rétablir le président Bazoum, renversé le 26 juillet, sous peine d'utiliser "la force". 

Dans deux jours, cet ultimatum expire, et la tension n'en finit pas de monter. "Toute agression ou tentative d'agression contre l'État du Niger verra une riposte immédiate", a déclaré le colonel-major Amadou Abdramane. 

La junte déclare aussi cesser toute coopération militaire avec la France, plus que jamais dans le viseur. Les Nigériens sont par ailleurs appelés par les putschistes à la vigilance quant à de potentiels espions français, et à rapporter tout comportement suspect.

L'hypothèse d'une intervention militaire

"La France, nous ce qu'on veut, c'est qu'ils quittent notre pays", affirme un Nigérien. "C'est quelque chose qu'on attendait depuis longtemps", dit un autre. Les médias français sont également devenus indésirables. En atteste les cas de RFI et France 24, désormais interrompus au Niger.

Plusieurs ambassadeurs ont par ailleurs été limogés, dont celle en poste à Paris, qui entre en résistance. "Ma position, c'est de rejeter cette décision parce que je considère qu'elle est illégale et qu'elle est nulle et non avenue", affirme Aïchatou Boulama Kané, ambassadrice du Niger en France, rencontrée par les équipes de TF1 et interrogée par Darius Rochebin sur LCI, vendredi soir.

Les putschistes sont tout aussi illégitimes aux yeux des autorités françaises, préoccupées par les jours à venir. "Toutes les options sont sur la table. Une intervention militaire régionale n'est pas exclue", a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna.

Ce vendredi soir, les armées de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest disent avoir défini les contours d'une éventuelle intervention militaire. 


M.B | Reportage TF1 : Esther Lefebvre, Stanislas Poyet et Alice Chomy

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