Qatar : après l'abandon d'un bébé dans un aéroport, des passagères forcées de subir des examens gynécologiques

Léa LUCAS avec AFP
Publié le 26 octobre 2020 à 11h27
Qatar : après l'abandon d'un bébé dans un aéroport, des passagères forcées de subir des examens gynécologiques

Source : STRINGER / AFP

POLÉMIQUE - Début octobre, un bébé a été abandonné dans les toilettes de l'aéroport de Doha. Des passagères australiennes révèlent avoir subi des examens gynécologiques qui visaient à retrouver la mère. Une Française aurait également été concernée.

Suite à l'abandon d'un nouveau-né prématuré dans les toilettes de l'aéroport international de Doha au Qatar, des passagères australiennes ont subi de force des examens corporels afin d'identifier la mère. Des faits qui remontent au 2 octobre, mais qui viennent d'être dévoilés par la chaîne télévisée australienne Seven News. 

L'aéroport indique avoir demandé à ces femmes "de participer" à des recherches. Mais, c'est une autre version de l'évènement qui a été rapporté ce dimanche à l'AFP.  "Les fonctionnaires ont forcé les femmes à subir des examens corporels, essentiellement des tests forcés de Papanicolaou (des frottis)", a déclaré une source à Doha, informée d'une enquête interne sur l'incident. 

"Le personnel médical avait exprimé ses inquiétudes aux responsables de l'aéroport concernant la santé et le bien-être d'une mère qui avait juste donné la vie et demandé à la localiser avant qu'elle ne parte",  tentent de se justifier les autorités aéroportuaires. Une explication insuffisante pour le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce.

Les femmes en "état de choc"

Le gouvernement australien a exprimé sa désapprobation dans des termes très forts. "Il s'agit d'une suite d'évènements extrêmement perturbante, choquante, préoccupante", a réagi la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne. Le pays de la péninsule arabique assure qu'un rapport "imminent" avec des "informations détaillées et transparentes sur l'évènement" serait bientôt fourni. 

Passager sur l'un des vols affectés, l'avocat australien Wolfgang Babeck partage cet avis. Les femmes étaient "dans un état de choc", raconte-t-il, après que celles-ci ont dû se déshabiller et dénuder la partie inférieure de leur corps pour être examinée par une femme médecin. "Elles étaient toutes bouleversées, certaines en colère, l'une pleurait, et personne ne pouvait croire ce qui venait d'arriver" poursuit l'avocat, qui estime que cela pourrait constituer "une violation du droit international."

Outre les passagères australiennes, une passagère française a également été affectée, selon un responsable.

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"Le nouveau-né reste non-identifié, mais il est en bonne santé aux mains du personnel médical et social", a finalement souligné l'aéroport de Doha, appelant la mère à se manifester ou bien toute personne ayant des informations sur cette dernière à les communiquer.  Cela laisse à penser que les examens gynécologiques n'ont donné aucun résultat. La police fédérale australienne, de son côté,  vient de se saisir de l'affaire. 


Léa LUCAS avec AFP

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