Le Parlement européen est éclaboussé depuis un mois par un scandale de corruption présumée, impliquant le Qatar.
Il a annoncé lundi engager une "procédure d'urgence" pour retirer l'immunité de deux eurodéputés, un Italien et un Belge.
Quatre autres personnes sont actuellement mises en cause dans ce dossier, dont la vice-présidente de l'institution Eva Kali.

L'affaire avait ébranlé le Parlement européen ces dernières semaines : le 9 décembre dernier, sa vice-présidente, la socialiste grecque Eva Kaili, était arrêtée pour corruption présumée impliquant le Qatar, ainsi que trois autres suspects. Les investigations des enquêteurs belges s'élargissent désormais. L'institution a annoncé lundi avoir lancé une "procédure d'urgence" pour lever, à la demande des autorités judiciaires belges, l'immunité de deux autres eurodéputés. Sont concernés l'Italien Andrea Cozzolino et le Belge Marc Tarabella, tous deux appartenant au groupe S&D (socio-démocrates), a appris l'AFP de sources proches du dossier. 

Leur nom s'ajoute à celui des quatre autres personnes mises en cause dans cette enquête : Eva Kaili donc, mais aussi son compagnon, l'Italien Francesco Giorgi (qui était par ailleurs l'assistant parlementaire de Andrea Cozzolino), l'ex-eurodéputé socialiste italien Pier-Antonio Panzeri, et un responsable d'ONG, Niccolo Figa-Talamanca. Placés en détention préventive, ils ont été inculpés pour "appartenance à une organisation criminelle", "blanchiment d'argent" et "corruption" au profit du Qatar, dans un scandale qui a provoqué une onde de choc au Parlement européen et des tensions entre l'émirat du Golfe et l'UE.

"Il n'y aura aucune impunité"

En ce qui concerne Andrea Cozzolino et Marc Tarabella, "j'ai lancé une procédure urgente pour lever l'immunité de deux membres du Parlement. Il n'y aura aucune impunité, absolument aucune", a indiqué lundi sur Twitter la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, qui dit avoir agi sur "requête des autorités judiciaires belges". "Les responsables trouveront ce Parlement du côté de la loi. La corruption ne peut pas payer, et nous ferons tout pour la combattre", a-t-elle également indiqué.

L'eurodéputée maltaise communiquera formellement cette demande aux eurodéputés lors de leur prochaine session plénière, qui débutera le 16 janvier à Strasbourg. La commission parlementaire des Affaires juridiques (JURI) devra ensuite l'examiner, à huis clos, organiser éventuellement des auditions, et prononcer une proposition de décision, qui fera in fine l'objet d'un vote de tous les eurodéputés en plénière. La présidente du Parlement souhaite conclure la procédure "au 13 février", et a donc "demandé à tous les services et commissions de donner priorité" à celle-ci, précise le communiqué.

"Rien à se reprocher"

"Depuis le début de ce dossier, Marc Tarabella répète qu'il est à la disposition de la justice et a même demandé à être entendu rapidement afin de pourvoir se défendre", a réagi lundi son avocat, Maxim Töller, dans une déclaration transmise à l'AFP. "Il a également dit qu'il ne se cacherait pas derrière son immunité parlementaire, n'ayant rien à se reprocher. Il soutient donc sa levée d'immunité si celle-ci est demandée", a-t-il ajouté.

Dès le 12 décembre, le groupe parlementaire S&D avait décidé de suspendre Andrea Cozzolino de sa responsabilité de coordinateur, tandis que Marc Tarabella avait de lui-même suspendu son appartenance au groupe. "Si les malversations sont avérées, nous mettrons fin à l'adhésion des personnes concernées. S&D, qui soutient l'enquête en cours, se portera partie civile et envisagera des procédures juridiques" contre les personnes impliquées, avait alors indiqué le groupe dans un communiqué.

Dans la foulée, les deux eurodéputés avaient par ailleurs été suspendus par leurs partis nationaux respectifs, le Parti socialiste belge et le Parti Démocrate italien. Ce dernier avait annoncé le 16 décembre suspendre "à titre préventif" Andrea Cozzolino du registre de ses membres, "jusqu'à la clôture des enquêtes en cours concernant le scandale du 'Qatargate'", de sorte à "protéger l'image du parti".


M.L (avec AFP)

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