Qu'est-ce que la "SSC", la station spatiale chinoise quasiment terminée ?

Léa Prati
Publié le 24 juillet 2022 à 13h47
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Ce dimanche 24 juillet, la Chine a lancé, avec succès, son deuxième module, amarré sur sa station spatiale.
Le troisième module sera lancé en octobre 2022 et marquera la fin de la construction de Tiangong.
Elle avait fait le choix de créer sa propre station après le refus de la NASA de participer à l'ISS.

En 2018, la Chine n'avait pas été autorisée par les États-Unis à participer à l'expérience de l'ISS. L'Empire du Milieu a donc décidé de faire cavalier seul en créant sa propre station, baptisée Tiangong ("palais céleste", en chinois), qui accueille déjà trois taïkonautes permanents. Ce dimanche 24 juillet, elle a d'ailleurs lancé le deuxième des trois modules de la station, qui devrait être opérationnelle d'ici à la fin de l'année 2022. "Une opération délicate", a affirmé l'agence spatiale chargée des vols habités (CMSA), qui s'est déroulée "avec succès"

Après environ huit minutes de vol, l'engin nommé Wentian, d'environ 20 tonnes et sans astronaute à bord, "s'est séparé de la fusée pour se placer dans l'orbite prévue", ajoute l'agence. Il a été propulsé par une fusée Longue Marche 5B à 14H22 (06H22 GMT) depuis le centre de lancement de Wenchang, sur l'île tropicale de Hainan (sud), selon des images de la télévision publique CCTV.

Un défi relevé avec succès par l'équipage

Long de près de 18 mètres et d'un diamètre de 4,2 mètres, ce module-laboratoire devait venir s'amarrer à Tianhe, déjà habité, le premier module de la station qui est déjà en orbite depuis avril 2021. L'opération d'amarrage constituait un défi pour l'équipage, car elle nécessitait plusieurs manipulations successives, de haute précision, notamment avec un bras robotisé.

"C'est la première fois que la Chine doit amarrer des véhicules aussi grands ensemble", explique Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l'astrophysique, aux États-Unis. Une manipulation qui devra être répétée avec la venue, en octobre 2022, du troisième et dernier module-laboratoire baptisé Mengtian. "Cela permettra à la station d'être beaucoup plus performante, avec l'espace et la puissance nécessaires pour réaliser davantage d'expériences scientifiques", ajoute l'astronome. 

D'ici fin 2022, la station chinoise aura donc son aspect finale en forme de T. Elle sera semblable en taille à la défunte station russo-soviétique Mir et devrait occuper l'espace pendant au moins 10 ans, si ce n'est 15. Une durée de vie qui inquiète la Nasa. Selon Jim Bridenstinen, l'ancien chef de l'agence américaine, aujourd'hui remplacé par Bill Nelson, les Chinois sont "en train de promouvoir [la station spatiale chinoise] auprès de tous nos partenaires internationaux, dans lesquels nous avons tant investi. Ce serait tragique, après tout ce temps et tant d'efforts, d'abandonner l'orbite terrestre basse et de céder ce territoire".

Interdiction pour la Nasa de collaborer avec la Chine

Mais pourquoi les États-Unis ont-ils écarté la Chine de l'expérience de l'ISS ? Ce refus tient à un seul homme : Frank Wolf. Ce membre du Congrès américain a passé sa carrière, année après année, à faire tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher la Nasa de travailler avec la Chine à quelque titre que ce soit. 

Malgré le fait que l'espace soit un territoire unique, démuni de frontières, l'homme politique, aujourd'hui à la retraite, a fait passer une législation qui interdit à la Nasa de dépenser de l'argent pour toute collaboration avec la Chine. Cela signifie qu'aucun employé de la Nasa n'a le droit d'assister à des conférences parrainées par l'État chinois, mais aussi qu'aucun appel de l'Agence spatiale nationale chinoise ne doit être passé sur les téléphones de la Nasa. 

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Cette législation, extrêmement critiquée par les employés de l'agence fédérale chargée des programmes spatiaux civils, coûte aussi extrêmement cher à la nation. La coopération entre les programmes spatiaux nationaux permet historiquement de partager les coûts et les risques intrinsèques à ces missions. 


Léa Prati

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