De nombreuses vidéos circulent en ligne à propos de l'arrivée de plusieurs milliers de migrants sur l’île de Lampedusa, en Italie.
Ces images, utilisées politiquement par l'extrême droite, proviennent de journalistes ou de locaux.

La situation est confuse à Lampedusa, qui est confrontée depuis quelques jours à des centaines d’arrivées de migrants par bateau. Se trouvant à moins de 150 km des côtes tunisiennes, l’île italienne est en effet un premier point de chute pour les personnes qui décident de rejoindre l’Europe par la Méditerranée. Si ces arrivées, favorisées par une météo clémente, durent depuis plusieurs semaines, elles sont illustrées ces derniers jours par des dizaines de vidéos.

Leur particularité est d’être quasiment toutes relayées par l’extrême droite, qui cherche ainsi à alerter sur une "invasion migratoire" en Europe, sur fond de campagne à venir pour les élections européennes. Elles sont aussi bien reprises sur Twitter par Marine Le Pen et Éric Zemmour, que sur Telegram par Radio Genoa, un compte italien à caractère raciste qui inonde ses réseaux depuis quelques jours sur la situation à Lampedusa. 

Des images de locaux médusés

L’une des vidéos relayées montre plusieurs bateaux pneumatiques arrivant près des côtes italiennes, certains accompagnés par des bateaux des autorités. "Aujourd'hui, en 30 minutes, 35 bateaux de hordes africaines nous ont envahis, soit jusqu'à présent 100 bateaux en une journée", dénonce la chaine Telegram le 12 septembre.

En toute vraisemblance, ces images ont été filmées par des locaux ayant assisté à la scène, selon le site de la chaine de télévision Rai News 24 qui les publie telles quelles. Le média esquisse même une hypothèse sur la présence accrue de ces bateaux. "Les dizaines et dizaines d'embarcations, toutes en métal rouillé et mal soudé, pourraient avoir été laissées au large par plusieurs 'bateaux-mères'". Une théorie aujourd'hui étudiée par les autorités. Les personnes à bord, elles, seraient originaires du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée, de la Somalie, du Liberia, du Mali, de la Syrie, du Soudan, de la Gambie et de la Sierra Leone.

"7000 personnes" dans le centre

Sur la journée du 12 septembre, plus de 2000 migrants sont arrivés à Lampedusa par la mer, sur une cinquantaine d’embarcations de fortune, prenant les associations humanitaires au dépourvu. D’autres images sont filmées cette fois sur l’île et montrent une situation humanitaire très précaire. "Lampedusa est tombé", tweete l’essayiste identitaire Laurent Ozon en publiant la vidéo d’un rassemblement de centaines de migrants, exclusivement des hommes. On les voit jouer violemment des coudes près des stands de la Croce Rossa Italiana, la Croix-Rouge italienne (CRI).

Cette séquence a été publiée à l’origine le 13 septembre par Angela Caponnetto, une journaliste de la Rai News 24, sur Twitter. Sur place, depuis le "centre de Contrada Imbriacola", au centre de Lampedusa, elle rapporte la présence de "7000 personnes, dont beaucoup d'hommes très jeunes" et décrit "une bombe à retardement qui rappelle 2011". Présente sur les lieux, l’AFP mentionne, elle aussi, des tensions qui ont éclaté lors de la distribution de nourriture par la Croix-Rouge et qui ont nécessité l’intervention de la police. 

Une autre vidéo, publiée sur Telegram, se déroulerait dans le centre, quelques heures plus tard, après la tombée de la nuit. Elle a été filmée puis postée par Elena Testi, journaliste sur la chaine de télévision La7, qui informe sur la situation. "Hotspot à #Lampedusa 22h le 13 septembre. Forces de l'ordre et #RedCross à bout de force". La Croix-Rouge gère bien ce centre d’accueil de migrants depuis le mois de juin. Et tente d’organiser au mieux l’accueil de ces centaines de personnes, arrivées en quelques heures. Dans une vidéo du 14 septembre, la responsable des migrations de la Croix-Rouge raconte leurs tentatives de la veille de distribuer des diners et des couchages, pour éviter qu’elles "ne dorment à la belle étoile"

Selon l'association, le centre dénombre "4200 personnes" ce 14 septembre, "après une journée particulièrement chargée" la veille. Quelque 5000 personnes devaient être transférées d'ici à la fin de la journée vers la Sicile, où se trouvent des centres d'accueil plus importants. 

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Caroline QUEVRAIN avec Juliette ROBICHON & Cécile CAZILHAC

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