Racisme et antisémitisme : pourquoi la France va boycotter la conférence de l'ONU

F.S. avec AFP
Publié le 13 août 2021 à 17h45
Emmanuel Macron, le 9 juillet 2021 à l'Élysée.

Emmanuel Macron, le 9 juillet 2021 à l'Élysée.

Source : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP / POOL

BOYCOTT - La France ne participera pas à la conférence de suivi de la "Conférence de Durban", prévue à New York en septembre prochain, et à laquelle était convié Emmanuel Macron. En cause, un "historique de déclarations antisémites", justifie l'Élysée.

La "conférence de suivi" de la Conférence mondiale de l'ONU contre le racisme - dite "Conférence de Durban"-, aura lieu sans Emmanuel Macron. Le président français a décidé de décliner l'invitation de l'ONU en septembre prochain, qui coïncidait avec le 20ème anniversaire de la "Conférence de Durban". La France rejoint ainsi plusieurs pays européens, ainsi qu'Israël ou les États-Unis, qui avaient déjà fait connaître leur intention de ne pas y participer.

Une Conférence sur le Racisme en septembre 2001

"Préoccupé par l'historique des déclarations antisémites prononcées dans le cadre de la conférence des Nations unies sur le racisme", a argumenté l'Élysée, "le Président de la République a décidé que la France ne participerait pas à la conférence de suivi qui aura lieu cette année". La Conférence sur le Racisme, qui s'est tenue à Durban (Afrique du Sud) en septembre 2001, quelques jours avant les attentats du 11-Septembre, faisait suite à une série de sommets de l'ONU consacrés à la question, organisés depuis le lendemain de la Seconde guerre mondiale. À Durban, la conférence avait rapidement pris un tour très orienté contre Israël et le sionisme, un forum de l'UNESCO en marge de l'évènement cherchant à assimiler le premier à l'apartheid, et le second à un racisme.

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Israël et les États-Unis avaient alors claqué la porte, tandis qu'une déclaration commune arrachée in extremis clôturait la Conférence. Un "Durban II" s'était tenu en 2009 à Genève, sous tension et avec quelques éclats mémorables comme un discours du président iranien d'alors, Mahmoud Ahmadinejad, traitant Israël d'"État raciste".

Un certain nombre de personnalités ou d'institutions avaient appelé ces derniers temps à boycotter le "suivi-commémoration" de la Conférence de Durban, comme Bernard-Henri Lévy ou la LICRA. Emmanuel Macron avait, en septembre 2020, mis en garde contre "l'insupportable regain de l'antisémitisme dans notre Europe", qui peut "porter son visage de toujours" ou "emprunter les masques nouveaux de la haine islamiste de l'antisionisme".


F.S. avec AFP

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