Erdogan a-t-il humilié Poutine au sommet tripartite de Téhéran ?

Léa Prati
Publié le 20 juillet 2022 à 22h17, mis à jour le 21 juillet 2022 à 1h32
JT Perso

Source : TF1 Info

Dans une vidéo prise au sommet tripartite de Téhéran, en Iran, mardi, on peut voir le président russe, Vladimir Poutine, attendre durant environ 45 secondes son homologue turc.
Cet événement, même s'il ne dure qu'un court instant, pourrait ne pas être anecdotique.
Le président russe est lui-même un habitué de ce genre de pratiques.

46 secondes, c'est un laps de temps extrêmement court, mais en politique, ces quelques instants peuvent paraître une éternité. Dans une vidéo réalisée mardi 19 juillet au sommet tripartite de Téhéran, on peut voir Vladimir Poutine attendre pendant un peu moins d'une minute le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Debout, les mains jointes devant lui et oscillant d'un pied à l'autre devant le drapeau de sa nation, le président russe a peiné à cacher son malaise devant les appareils photos cliquetants et les multiples caméras. 

Cet instant, bien qu'extrêmement court, est tout sauf anecdotique. D'autant que la question "Qui attend qui ?" est cruciale en diplomatie et l'événement pourrait être le signe d'un rapport de force en train de s'inverser depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, le 22 février 2022. 

Poutine, un habitué de ce genre de pratiques

Lors d'une rencontre à Moscou en 2022, c'est le président turc qui avait dû attendre plusieurs minutes son homologue russe. Certains voient, dans la séquence captée mardi, une forme de vengeance de la part d'Erdogan. Vladimir Poutine est lui-même un habitué de ce genre de pratiques, et ses retards peuvent être plus longs que 46 secondes : il a fait attendre la reine d'Angleterre pendant 13 minutes, Donald Trump durant 45 cinq et le pape François pendant une heure. De son côté, Angela Merkel avait attendu quatre heures et 15 minutes en 2014 et Viktor Ianoukovitch, lorsqu'il était président ukrainien, quatre heures avant de s'asseoir au côté du dirigeant russe.

Bien que le président russe soit reparti de Téhéran avec un soutien affiché des dirigeants iraniens, montrant qu'il n'est pas totalement isolé sur la scène internationale, l'Iran reste un des pays sous sanctions occidentales.


Léa Prati

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