Ces dernières heures, de nombreuses personnalités politiques de gauche appellent à la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël pour faire pression sur Benyamin Nétanyahou.
En quoi consiste-t-il ? Pourquoi sa suspension sanctionnerait l'Etat hébreu ?

"Il faut faire pression sur Nétanyahou. (…) d'abord on reconnaît l'Etat palestinien, ensuite on suspend l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël", a déclaré ce mercredi matin sur TF1 la tête de liste PS-Place publique aux élections européennes Raphaël Glucksmann. Décréter un embargo sur l'envoi d'armes et suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël, c'était aussi l'une des solutions évoquées mardi soir sur LCI par Manon Aubry (LFI), quelques heures après les frappes israéliennes mortelles contre les déplacés palestiniens de Rafah. Marie Toussaint (Ecologistes) abondait : "l'accord d'association (...) a été mis en place pour quoi ? Pour soutenir les accords d'Oslo, cet accord de paix, et donc l'accord d'association était là pour tenir cette paix. Une fois que la paix est rompue, on peut se dire qu'on suspend". Mais de quoi parle-t-on ?

L'Union européenne a avec plusieurs de ses voisins, dans les Balkans ou autour de la Méditerranée, ce qu'on appelle des accords de stabilisation et d'association. Celui avec Israël a été signé en 1995 et est entré en vigueur en 2000. Cet accord est surtout commercial, il facilite le libre-échange pour les produits industriels et agricoles. Il permet aujourd'hui à l'UE d'être le premier partenaire commercial d'Israël. 24% des exportations israéliennes sont dirigées vers l'Union européenne (25,5% vers les Etats-Unis et 23,4% vers l'Asie), et l'UE est le principal fournisseur d'Israël avec 31% de ses importations. Quant à la France, elle est le 10e fournisseur d’Israël avec 2,9% de parts de marché et son 11e client avec 2,2% de parts de marché.

Suspendre cet accord permettrait donc de frapper Israël au portefeuille et de lui envoyer un signal fort, quand beaucoup juge l'UE trop timide avec son partenaire. 

Des expansions bloquées à cause de la politique d'Israël

Toutefois, dans le cadre de cet accord, lundi, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a convoqué Israël pour discuter de la situation à Gaza et du "respect des droits humains". "Nous avons l'unanimité nécessaire pour convoquer un Conseil d'association avec Israël pour discuter la situation à Gaza (...) et discuter ensuite du respect des droits humains", a-t-il déclaré. L'Espagne et l'Irlande, qui depuis ont reconnu l'existence d'un Etat palestinien, avaient demandé conjointement fin février à la Commission européenne d'examiner le respect par Israël des droits humains, conformément à l'accord d'association en vigueur.

Aussi, des expansions de l'accord sont en suspend depuis 2008 en raison de la politique de construction israélienne dans les colonies et le blocus imposé à Gaza. 


Justine FAURE

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