L'Afghanistan aux mains des talibans

"La peur au ventre" : des Afghanes qui travaillent malgré la menace des talibans témoignent

MM
Publié le 6 septembre 2021 à 10h14
JT Perso

Source : TF1 Info

REPORTAGE - Depuis Kaboul, notre envoyée spéciale Liseron Boudoul donne la parole, pour le 20H de TF1, à des Afghanes ayant choisi de résister aux nouveaux maîtres du pays, qui restreignent les libertés des femmes.

Leur pays a changé de régime et elles craignent le pire. Depuis la prise de pouvoir des talibans il y a trois semaines en Afghanistan, les femmes ont largement disparu de l'espace public. Symbole de ce changement, la plupart des salons de beauté ont fermé à Kaboul.

Mais dans une petite rue, derrière de lourds rideaux beiges, deux coiffeuses travaillent en cachette, lumières éteintes. Ce jour-là, devant notre envoyée spéciale Liseron Boudoul, elles maquillent et coiffent une Afghane qui va se marier. Car leurs compatriotes, disent-elles, "ont besoin de nous, mais on ne peut plus travailler librement. Alors, on se cache et on travaille avec la peur au ventre".

Dans un faubourg de Kaboul, Shoukria, professeur d'université, reste chez elle depuis trois semaines. Face à la caméra de TF1, elle souhaite témoigner à visage découvert malgré les risques. Elle nous explique notamment avoir rangé tous ses vêtements à l'occidentale. "Et maintenant, quand je sors, je dissimule mon visage sous un voile, c'est plus prudent." 

"Les femmes présentatrices ont déjà disparu de la télévision"

Shoukria ne travaille plus, car les talibans ont fermé toutes les universités. La professeure constate aussi que "les femmes présentatrices ont déjà disparu de la télévision et il n'y a plus de dessins animés pour les enfants." Un constat appuyé par Reporters sans frontières (RSF), selon qui le nombre de femmes journalistes en activité à Kaboul est passé de 700 l'an dernier à moins de cent. 

"Il faut nous sauver"

"Bien sûr que les talibans vont changer le système d'éducation. Ce sera religieux. Moi je ne peux l'accepter", poursuit Shoukria, qui estime que les insurgés islamistes "ont déjà détruit ce que nous, les femmes, avons construit depuis 20 ans pour améliorer nos droits et nos conditions de vie. Ils ont pris notre dignité." Alors, l'universitaire demande à notre envoyée spéciale d'"envoyer ce message au monde : il faut nous sauver".

Pour la suite de notre reportage, Liseron Boudoul rencontre chez elle une avocate nommée Sarah. Elle aussi veut témoigner à visage découvert pour évoquer la nouvelle loi islamique, qu'elle redoute. 

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"J'étais avocate et je me retrouve prisonnière dans ma maison. Les talibans ont fermé les tribunaux. (...) Aujourd'hui, ils disent qu'ils n'appliqueront pas strictement la loi islamique, mais j'en doute", nous dit-elle. Si elle sait qu'elle ne pourra plus exercer son métier, Sarah assure néanmoins qu'elle compte défendre les droits des femmes afin qu'elles ne disparaissent pas totalement de la vie publique.


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