Après l'évasion, dimanche, du chef de gang Adolfo Macias, dit "Fito", l'Équateur a plongé dans la terreur.
Depuis lundi, l'état de guerre est déclaré et des milliers de militaires ont été déployés dans les grandes villes du pays.
Notre envoyé spécial Michel Scott s'est rendu sur place.

Pour pénétrer à Guayaquil, il faut montrer patte blanche. Chaque véhicule est fouillé minutieusement à l’entrée de cette localité portuaire, située sur la côte Pacifique de l'Équateur (sud-ouest). Parfois surnommée "GuayaKill", la ville joue un rôle majeur dans l'exportation de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou voisins. Partout dans le pays, policiers et militaires patrouillent en masse dans les rues, comme à Quito. La capitale équatorienne a des allures de ville fantôme. Même si l'activité reprend timidement, de nombreux magasins restent fermés, les transports publics fonctionnent au ralenti, écoles et université organisent des cours virtuels et le télétravail est devenu la norme. 

Une situation qui devient anxiogène pour les habitants. "C’est très angoissant et très dangereux dans les rues. On ne peut pas travailler dans ces conditions", témoigne un habitant de Quito, dans le reportage diffusé par "Bonjour ! La Matinale TF1", disponible en tête de cet article. Le chef du nouveau gouvernement équatorien, Daniel Noboa, a apporté une réponse musclée. Lundi 8 janvier, il a décrété l'état d'urgence pour 60 jours sur tout le territoire. "Tous ces terroristes sont des cibles militaires. Ils veulent résister. Eh bien, soyez courageux ! Battez-vous contre l’armée !", a-t-il déclaré, dans un discours martial à la télévision nationale. 

La vague de violences que traverse le pays a pour origine l'évasion, dimanche, de la prison de Guayaquil du redouté chef du gang des Choneros, Adolfo Macias, alias "Fito".

Les États-Unis, l'Union européenne, le Brésil, la Colombie, le Chili ou encore le Venezuela ont tous condamné ces violences.  Un porte-parole de la Maison-Blanche, John Kirby, a dit les États-Unis prêts "à prendre des mesures concrètes", excluant cependant tout "soutien militaire". Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est "très alarmé par la détérioration de la situation" en Équateur, a déclaré cette semaine son porte-parole Stéphane Dujarric. De son côté, la France a déconseillé à ses ressortissants de se rendre dans le pays. Le Pérou a lui déclaré l'état d'urgence le long de sa frontière, et la Colombie a annoncé des renforts à sa frontière avec l'Équateur.


M.D. | Reportage TF1 : Michel Scott

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