Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

REPORTAGE - Ukraine : la Pologne face au défi de l'accueil de milliers de réfugiés

La rédaction de TF1info | Reportage Frédérique Agnès et Quentin Danjou
Publié le 7 mars 2022 à 13h07, mis à jour le 8 mars 2022 à 18h28
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Plus de 1,7 million d'Ukrainiens ont déjà fui leur pays pour échapper aux combats, et les deux tiers ont choisi la Pologne voisine.
À partir de là, la plupart d'entre eux vont poursuivre leur exil, redirigés vers les autres villes polonaises ou les autres pays européens, en transitant par de grands centres d'accueil.

Située sur la frontière polonaise, Medyka est l'un des huit points de passage avec l'Ukraine. Des tentes, des sacs de provisions et des tasses de thé chaud accueillent les réfugiés du pays, qui affluent par centaines pour fuir la guerre, dont de nombreux enfants. Un premier moment de réconfort dans le froid hivernal après un périple douloureux, mais ils pensent déjà à la suite de leur voyage. 

Pour sa part, Oxana ira à Varsovie avec ses enfants. "Je ne pense pas que je reviendrai en Ukraine, sauf si on me demande d'aller chercher des documents", lance cette mère de famille dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. "Mon rêve maintenant, c'est que tout aille bien, que l'on ait de l'argent et que l'on puisse vivre normalement", confie sa fille, un sourire aux lèvres et une couverture de survie nouée sur les épaules. Une autre Ukrainienne, Irina, entend bien quant à elle revenir un jour chez elle, mais pour le moment, elle part à l'autre bout de l'Europe : "Je vais en France, j'ai des amis là-bas", glisse-t-elle. 

"La crise de réfugiés la plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale"

Depuis le coup d'envoi de l'invasion russe, le 24 février dernier, plus de 1,7 million de réfugiés ont quitté l'Ukraine, selon le dernier bilan de l'ONU. Le flot devrait encore s'intensifier dans les jours à venir, notamment en cas d'ouverture de corridors humanitaires qui doivent permettre en théorie aux civils encerclés dans des grandes villes ukrainiennes de sortir. Une perspective actuellement négociée dans un nouveau round de pourparlers entre Ukraine et Russie à la frontière biélorusse. 

Selon l'ONU, quatre millions de personnes pourraient vouloir quitter le pays pour échapper à la guerre, sur les 37 millions d'habitants que comptent les zones contrôlées par Kiev (exception faite donc de la Crimée annexée en 2014 par la Russie et les territoires sous contrôle séparatiste). "Plus de 1,5 million de réfugiés venant d'Ukraine ont traversé vers les pays voisins en dix jours - la crise de réfugiés la plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale", avait déploré dimanche dans un tweet le Haut Commissaire aux réfugiés Filippo Grandi. 

La Pologne est la première mobilisée pour prendre en charge ces réfugiés, puisqu'elle accueille de très loin le plus grand nombre d'entre eux depuis le début de l'invasion russe : au total, ils étaient 1.027.603, selon le décompte du HCR, soit 59,2% du total recensé. Dimanche, un nouveau record des arrivées a été enregistré, avec 142.300 voyageurs. La deuxième vague d'arrivées continue à monter, signalent les garde-frontières. Entre minuit et 7h du matin ce lundi (23h et 6h GMT), ils ont vu entrer en Pologne 42.000 personnes.

Avant cette crise, la Pologne abritait déjà environ 1,5 million d'Ukrainiens venus, pour la plupart, travailler dans ce pays membre de l'Union européenne. Les réfugiés qui arrivent au poste-frontière de Medyka n'ont pas vocation à rester sur place. Ils vont monter dans des bus et être emmenés dans une ville à dix kilomètres de là. 

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À Przemysl, un centre commercial est transformé en première base d’accueil. "On leur offre un endroit pour se reposer et pour dormir. Après, on s'occupe des transports pour les envoyer dans les plus grandes villes comme Varsovie ou Cracovie", explique un bénévole. Les équipes de TF1 n'ont pas été autorisés à rentrer à l'intérieur, mais elles ont reçu une vidéo tournée dans un centre d'accueil à une trentaine de kilomètres de là : dans une sorte de hangar immense, éclairé par des lignes de néons, des centaines de personnes sont regroupées. En une seule journée, 5000 Ukrainiens sont arrivés dans une ville voisine. Face à cet afflux de réfugiés, c'est tout le pays qui doit faire face.


La rédaction de TF1info | Reportage Frédérique Agnès et Quentin Danjou

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