Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

REPORTAGE - Refoulés par les Anglais, 250 réfugiés ukrainiens bloqués à Calais

M.G | Reportage TF1 Marion Fiat et Thierry Chartier
Publié le 7 mars 2022 à 15h25, mis à jour le 8 mars 2022 à 18h28
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Fuyant la guerre, des centaines de milliers d'Ukrainiens - plus de 1,7 million selon le dernier décompte - ont déjà fui leur pays.
Une poignée d'entre eux, désirant rejoindre le Royaume-Uni, sont arrivés en France.
Problème, le gouvernement britannique se montre inflexible.

Face à la guerre, l'exil. Selon un dernier rapport de l'ONU, plus de 1,7 million d'Ukrainiens ont déjà quitté leur pays face à l'avancée des troupes russes et à la violence des combats. Si nombre d'entre eux choisissent de rester en Pologne ou en Roumanie, d'autres poussent leur périple vers l'ouest du vieux continent. 

Ainsi, depuis le 17 février, 517 réfugiés ukrainiens ont tenté de rejoindre le Royaume-Uni depuis la France, via le ferry ou le tunnel. Près de la moitié, 250, ont été refoulés par les autorités d'outre-Manche. Tania, qui étudiait près de la frontière roumaine, et sa mère font partie de ces malheureux, ne disposant pas de visa. Résultat, elles doivent, pour l'instant, patienter à Calais (Nord). "On n’avait pas prévu de rester aussi longtemps sans rien. Mon père avait préparé des affaires chez lui. Mais on est bien, les gens nous aident", rassure la jeune femme, interrogée par TF1 dans le reportage en tête de cet article. 

Une forte mobilisation des habitants du Nord

Comme elles, plusieurs centaines d'Ukrainiens sont actuellement accueillis dans des centres calaisiens, ouverts pour l'occasion. Tout de suite, les dons des locaux ont afflué pour aider ces populations sinistrées. "On s’est imaginé qu’ils étaient démunis. On s’est fait du souci pour eux. En une heure, on a pu amener des habits et beaucoup de choses pour les bébés", se félicite Bernadette Barron, membre de l'association "Les blouses roses". 

Malgré tout, ce dispositif n'est pas voué à durer sur le long terme. Les autorités françaises font donc pression sur leurs homologues britanniques pour obtenir une inflexion de leur part. Dans une lettre à Priti Patel, Gérald Darmanin a fustigé ce week-end la "réponse totalement inadaptée" et le "manque d'humanité" de Londres à l'égard des réfugiés ukrainiens en "détresse". Ce sont "souvent des femmes avec de jeunes enfants, des personnes âgées ou handicapées", a-t-il rappelé. Le ministre de l'Intérieur a également réclamé que la "représentation consulaire, à titre exceptionnel et pour le temps de la crise, soit en mesure d'émettre des visas pour regroupement familial directement à Calais"

La préfecture du département du Pas-de-Calais a, de son côté, pointé une situation "pas réaliste". L'obligation de se procurer un visa pour rejoindre les côtes anglaises contraint les personnes concernées, "déjà épuisées par leur long et terrible voyage, à se rendre à Paris ou à Bruxelles, auprès des ambassades pour y effectuer leurs démarches d'obtention de visa"

Le gouvernement anglais peu enclin aux allègements

Le gouvernement britannique a répondu à ces critiques dimanche. "Si nous ouvrons simplement la porte, nous n'avantagerons pas les personnes que nous devons avantager, les véritables réfugiés, mais je pense que nous minerons aussi le soutien populaire", a déclaré le ministre de la Justice, Dominic Raab. "Nous devons veiller à agir pour ceux qui ont besoin de notre soutien", a-t-il souligné. 

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En guise de bonne volonté, les autorités ont assoupli les conditions d'octroi des visas pour les Ukrainiens ayant des proches dans ce pays. Britanniques et résidents au Royaume-Uni peuvent désormais faire venir les membres de leur famille vivant en Ukraine, lesquels peuvent obtenir un titre de séjour de trois ans, après des vérifications sécuritaires. "Nous avons déjà deux voies très, très généreuses" d'accueil des Ukrainiens au Royaume-Uni, s'est dans la foulée réjouit Boris Johnson, en réponse aux critiques, évoquant celle du regroupement familial et la "voie humanitaire".


M.G | Reportage TF1 Marion Fiat et Thierry Chartier

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