REPORTAGE - Russie : au cœur du dispositif tchétchène envoyé dans la région de Belgorod

par La rédaction de TF1info Reportage TF1 Jérôme Garro, Romain Reverdy, Elena Dabbakh
Publié le 13 juillet 2023 à 7h30

Source : JT 20h Semaine

Les mercenaires de Wagner ayant fait défection, la Russie recourt de plus en plus aux Tchétchènes.
Les milices de Ramzan Kadyrov sont notamment envoyées à la frontière avec l'Ukraine, dans la région de Belgorod.
Nos reporters ont pu suivre les "Kadyrovtsy".

C'est un groupe de combattants venus du fin fonds du Caucase et affecté tout à l'ouest de la Russie. Des soldats tchétchènes, régulièrement accusés d'exactions, ont été déployés pour surveiller la région de Belgorod. Cette frontière, située loin du front, mais hérissée de blocs de béton anti-tank et de tranchées, a récemment fait l'objet d'intrusions ennemies. Si notre caméra est acceptée, c'est pour nous montrer comment ces militaires surveillent désormais le territoire russe. "Ici, c'est l'endroit où il y avait des incursions avant. Pour l'instant, ils n'essayent plus. Toute cette zone est de nouveau sous notre contrôle", assure l'un des hommes de Ramzan Kadyrov - président de la République de Tchétchénie - dans le reportage du 20H de TF en tête de cet article.

Une zone de tensions

Abandonnés par les habitants, ces quelques kilomètres carrés sont régulièrement harcelés par des combattants russes anti-Kremlin, soutenus par l'Ukraine. Les équipes de TF1 ont suivi une patrouille jusqu'au poste frontière, théâtre d'intenses combats. "À partir d'ici, c'est la zone grise. Juste devant, c'est l'adversaire. Ils sont à moins d'un kilomètre. Il ne faut pas rester trop longtemps. Ils peuvent nous repérer et ajuster un tir d'artillerie", prévient un soldat.

Il y a un mois et demi, de premières attaques ont été lancées depuis le territoire ukrainien. En plusieurs endroits, la région de Belgorod a subi des incursions. Certaines zones ont même été occupées pendant plusieurs jours sans être reprises par l'armée russe. Pour combler cette faiblesse, Moscou a d'abord recouru au controversé groupe paramilitaire Wagner. Cette dernière a également formé des milices populaires. Depuis la mutinerie manquée de leur chef Evgueni Prigojine, les hommes de Wagner ont disparu, remplacés donc par les Tchétchènes. 

Un message, la fidélité à Poutine

Il est impossible de savoir exactement combien de combattants ont été massés dans cette zone. Une chose est sûre, ils font preuve d'une fidélité absolue à l'égard du Kremlin. "La Russie, c'est notre patrie. Poutine, c'est notre président. On est là pour protéger les civils et notre pays", affirme ainsi Roustam Agouev, commandant du bataillon Akhmat Zapad. Le discours est, en revanche, tout autre concernant les mercenaires de Wagner. "Je ne les connais pas ces hommes. Leur chef Prigojine, il ne me dit rien. Je ne le respecte pas parce que je ne le connais pas. Le respect, je peux en avoir pour un vrai adversaire, mais lui, quel respect ? Je ne sais pas d'où il vient. Je ne sais pas qui il est", crache le militaire. 

D'après le renseignement européen, les soldats tchétchènes sont de plus en plus sollicités sur le front ukrainien. Et ils pourraient l'être encore davantage dans les mois à venir. 


La rédaction de TF1info Reportage TF1 Jérôme Garro, Romain Reverdy, Elena Dabbakh

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