Au Japon, pays des sushis, le poisson est roi.
À Wajima, la pêche et la préparation de l'animal est une véritable tradition.
Dans ce port de l'ouest du Japon, on fait bien plus que déguster du poisson.

Pour une tranche de vie au pays des sushis, il convient d'abord d'affûter son couteau, d'aiguiser son regard, et d'avoir l’œil. Car au Japon, découper le poisson est tout un art. Une équipe du JT de 13H de TF1 s'est rendue dans le port de Wajima, à environ 300 kilomètres au nord-ouest de Tokyo. Dans cette ville, les chefs ont perfectionné l'art du sashimi, cette façon de découper le poisson cru. Et pour ce faire, un seul ustensile est accepté : un couteau en forme de feuille de sauge, dédié uniquement à cette tâche.  

Depuis toujours, le port de Wajima, situé sur la mer du Japon, vit au rythme du poisson. Tous les ans, à la fin de l'été, après le coucher du soleil, les rues s'enflamment pour un matsuri. De grandes fêtes traditionnelles célébrées dans tout le Japon qui se déroule autour d'une procession de chars symbolisant la daurade, poisson porte-bonheur, ou des divinités locales. 

À la recherche du précieux awabi

Trois jours de folie pendant lesquels tous les quartiers de la ville, à tour de rôle, s'en donnent à cœur joie. Au matin, le manège des bateaux reprend. La mer du Japon, qui sépare le Pays du Soleil levant de la Chine, reste généreuse en crustacés, coquillages et poissons de toutes sortes. Mais la spécialité de Wajima est une affaire de femmes. Le matin, vers sept heures, on les voit embarquer pour une pêche très particulière réservée aux femmes, au sein de la confrérie des Ama-San. Un métier qui se transmet de mère en fille depuis plus de quatre siècles. "Au début cette pêche se faisait en couple, le mari restait sur le bateau et la femme attachait une corde, plongeait et l'homme l'aider à tirer sur la corde", raconte dans le reportage en tête de cet article une plongeuse. 

À l'origine, les Ama-San plongeaient nue, ce qui a contribué à leur légende. Aujourd'hui, elles sont équipées de combinaisons et de masques, mais le déroulement des journées ne change pas à la recherche d'un coquillage précieux : l'awabi. Ce crustacé est la principale source de revenu des plongeuses qui peuvent gagner jusqu'à 80 euros avec un seul gros coquillage. Un awabi qui peut se manger cuit. Mais la tradition veut qu'il soit découpé en sashimi et consommé cru pour profiter de sa saveur iodée. 


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Michel Izard, Bertrand Lachat

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