Les violences liées au narcotrafic plongent l'Équateur dans la terreur.
Alors que le procureur chargé d'enquêter sur la récente prise d'otages sur le plateau d'une chaîne de télévision a été assassiné, plus de 20.000 militaires ont été déployés pour lutter contre les gangs.
Regardez ce reportage des envoyés spéciaux de TF à Guayaquil, la plus grande ville du pays.

La chasse est lancée dans les rues de Guayaquil. Ces voltigeurs de la police se faufilent sur leurs motos dans les quartiers dangereux, voulant frapper fort contre le crime organisé qui a gangrené des pans entiers de l'Équateur. "On a des attentats ici, des attaques à la personne, c'est un genre de favelas avec des bandes qui opèrent la nuit et au petit matin, sur fond de trafic d'armes et de drogue", explique un membre des autorités, interrogé dans le reportage ci-dessus. 

Une soudaine démonstration de force qui ne pas plaisir à tous les habitants. "Ce sont eux les bandits, ils ont tout cassé dans ma maison, tout est détruit !", hurle face à notre caméra une femme, pointant du doigt les policiers sur leur moto. Depuis le début de la semaine, plusieurs incidents violents émaillent le quotidien du pays : tirs en direct sur un plateau de télévision, gardiens de prison ou policiers pris en otages, évasions de chefs de gang... Pour rétablir l'ordre, le président Daniel Noboa a décrété le pays "en guerre" contre les gangs et envoyé plus de 20.000 militaires sur le terrain. On peut voir dans notre reportage les contrôles et les arrestations qui s'enchaînent. 

Menaces d'intimidation adressées à la police

Bouleversée, l'activité des narcotrafiquants est exposée aux représailles, et la police reçoit quant à elle des menaces d'intimidation. Un agent lit une lettre qu'il a récemment reçue : "C'est le premier et dernier avertissement. Vous, les brigades motorisées, (...) on tuera des civils un par un si vous continuez à nous chercher. Bien reçu ?"

Les populations de ces quartiers paupérisés sont à la fois victimes et complices de ces mafieux qui n'ont pas choisi Guayaquil par hasard. "C'est une zone stratégique pour eux. Notre situation géographique, par ses voies terrestres et maritimes, facilite les voies du narcotrafic", explique le colonel Edison Molina Mayorga, commandant du district de Portete. 

Guayaquil représente en effet le meilleur débouché sur le Pacifique pour les routes de la drogue. Les cartels de la cocaïne venus de Colombie et du Pérou l'ont bien compris et tentent de s'y implanter, comme le montre la carte ci-dessous. L'Équateur est par ailleurs devenu l'un des principaux points de passage en Amérique latine pour la drogue exportée depuis le reste du monde. 

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"La volonté des autorités de lutter d'un coup contre ce fléau a entraîné la rébellion des criminels, ce qui a plongé ce pays dans une crise sécuritaire sans précédent. Lui qui était considéré, il n'y a pas si longtemps encore, comme le plus sûr du continent", rappelle notre envoyé spécial Michel Scott. Les assassinats dans le pays ont augmenté de 800% entre 2018 et 2023, passant de 6 à 46 pour 100.000 habitants. En 2023, 7.800 homicides ont été comptabilisés et 220 tonnes de drogues saisies. 


M.T | Reportage Michel Scott et Antoine Pocry

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