REPORTAGE - Volcan en Islande : dans la ville-fantôme de Grindavik, "certaines maisons n'ont plus de plancher"

par La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Jean-Marie Bagayoko et Vincent Pierron
Publié le 23 novembre 2023 à 11h21

Source : JT 20h Semaine

Les experts s'attendent à l'éruption imminente du volcan Fagradalsfjall, dans le sud-ouest de l'Islande.
La ville de Grindavik, située à proximité, a été vidée de tous ses habitants.
Une équipe de TF1 a pu se rendre sur place.

En quelques jours, la ville de Grindavik est devenue une ville-fantôme. Comme on peut le voir dans le reportage de nos envoyés spécinaux ci-dessus, le port de pêche de quelque 4000 habitants, situé dans la péninsule de Reykjanes, a été évacué le 11 novembre, après des centaines de séismes provoqués par le déplacement du magma sous la croûte terrestre. Le signe précurseur d'une éruption volcanique.  

Les autorités de la protection civile et des experts européens vont désormais évaluer la possibilité "d'utiliser un important volume d'eau pour refroidir la lave et protéger la ville de Grindavik et d'importantes infrastructures", a dit Vidir Reynisson, responsable de la protection civile et de la gestion des situations d'urgence en Islande lors d'une conférence de presse. Le pays a déjà eu recours à ce procédé en 1973, quand une fissure s'est ouverte à 150 mètres du centre-ville de l'île d'Heimaey, surprenant les habitants à l'aube. Ils avaient alors pu ralentir et contrôler le déplacement de la lave.

Une centrale géothermique menacée

Escortée par la police, l'équipe de TF1 découvre une ville traversée par une immense faille, avec des dizaines de trous béants dans la chaussée, "là où la zone sismique a fait le plus de dégâts". "Rester ici est vraiment très risqué", ajoute Hjordis Gudmundsdottir, cheffe du département communication protection civile. "C'est pour ça qu'on a évacué les habitants, on ne sait pas ce qui va se passer." 

TF1

Grindavik est située près de la centrale géothermique de Svartsengi, principal fournisseur d'électricité et d'eau des 30.000 habitants de la péninsule, et important réservoir d'eau douce. Depuis quelques jours, des ouvriers tentent de la protéger, peu importe les conditions météo en construisant un mur de défense : "Si la lave arrive, ça la protégera", explique Hjordis Gudmundsdottir à notre équipe. La ville est aussi proche du Blue Lagoon, site touristique célèbre pour ses spas géothermiques, qui a été fermé par précaution. 

33 systèmes volcaniques en Islande, soit le plus grand nombre en Europe

En attendant, l'Islande retient son souffle. "Certaines maisons n'ont plus de plancher. Maintenant, les gens de Grindavik sont comme des réfugiés dans leur propre pays, ils doivent retrouver des hébergements d'urgence et des écoles provisoires pour leurs enfants", nous explique un volontaire de la protection civile. Les habitants de Grindavík seront autorisés à entrer dans la ville dans les prochains jours pour récupérer leurs biens et objets de valeur entre 9h et 16h, mais certains sont dépités : "C'est fini, je ne reviendrai jamais à Grindavik", témoigne l'un d'eux,  face à notre caméra.

Dans son bulletin de mercredi soir, l'Office météorologique d'Islande (IMO) estime que "la probabilité d'une éruption soudaine dans les limites de la ville de Grindavik diminue chaque jour et est considérée comme faible aujourd'hui". "Au fur et à mesure que la déformation, l'activité sismique et l'afflux de magma dans le dyke (une intrusion de magma verticale dans la croûte terrestre, ndlr) continuent de diminuer, la probabilité d'une éruption diminue au fil du temps", ajoute l'IMO. 

L'Islande compte 33 systèmes volcaniques, soit le plus grand nombre en Europe, et connaît des éruptions tous les quatre à cinq ans en moyenne. Trois éruptions ont eu lieu près de Fagradalsfjall sur la péninsule de Reykjanes, en mars 2021, août 2022 et juillet 2023.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Jean-Marie Bagayoko et Vincent Pierron

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