En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

"Une attaque atroce" : les images du bombardement de l'hôpital de Marioupol en une de la presse internationale

Frédéric Senneville
Publié le 10 mars 2022 à 11h42, mis à jour le 14 mars 2022 à 10h14
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Source : TF1 Info

L'indignation est unanime au lendemain du bombardement russe d'un hôpital pédiatrique à Marioupol.
L'information et les images de ce "crime de guerre" font la une de la plupart des journaux dans le monde.

"Ils visent des femmes et des enfants" pour The Times, "Attaque atroce sur une maternité" titre El Pais. Le bombardement d'un hôpital pour enfants de Marioupol, qui comprend une maternité, fait la une de la presse mondiale. Pas un mot dans la presse officielle russe, en revanche, où l'on ne rapporte toujours que "l'opération spéciale dans le Donbass".

La majorité des titres ont choisi la même photo, prise juste après le bombardement par un photographe de l'agence Associated Press : des soldats ukrainiens aident des secouristes à évacuer une femme enceinte sur une civière, au milieu de ce qui était la cour arborée de l'hôpital, désormais calcinée et jonchée des débris des bâtiments détruits alentours. Au moment de la parution des journaux, le bilan était de 17 blessés. On n'apprendra que quelques heures plus tard que trois personnes avaient été tuées, dont une fillette.

Ville assiégée

La frappe sur un hôpital pour enfants symbolise, pour presque tous, la recrudescence des frappes russes sur les civils, et resserre la focale sur le siège de Marioupol, où les bombardements incessants empêchent désormais l'évacuation des quelque 300.000 personnes qui y seraient piégées depuis le début du siège. Le New York Times dresse ainsi un portrait terrible du quotidien des habitants de la ville, en se basant sur les témoignages de ceux qui ont pu la fuir à temps. 

Les cas de déshydratation se multiplient à Marioupol

Le quotidien espagnol El Pais titre aussi sur l'hôpital de Marioupol, soulignant également les conditions sanitaires catastrophiques rapportées par les habitants qui ont pu quitter la ville. Sans eau et sans électricité, les cas de déshydratation se multiplient et une fillette en serait morte.

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Même choc en Italie, où le Corriere Della Sera rapporte aussi cette explosion, "précédée d'un sifflement", qui a pulvérisé l'hôpital :  "Le bâtiment était moderne, gai, vert et orange. Maintenant il est défiguré, comme si une patte énorme l'avait griffé, arrachant les armatures, la chaux, la couleur", lit-on dans ses colonnes. Le quotidien transalpin évoque aussi ces fosses communes où les morts seraient enterrés à la va-vite entre deux bombardements. En Allemagne, le Frankfurter Allgemeine Zeitung consacre une vidéo de deux minutes au bombardement de Marioupol, à partir des vidéos tournées par les services ukrainiens dans les minutes qui ont suivi la tragédie.

Aujourd'hui est le jour qui définit tout

Volodymyr Zelensky, président ukrainien

Au fil de la matinée, les sites d'information offrent le contraste du début des négociations entre les ministres des Affaires étrangères ukrainien et russe, dans l'atmosphère feutrée d'Antalya (Turquie), avec les images terribles de l'hôpital de Marioupol ravagé. En Argentine, El Clarin résume les deux visages de l'actualité, en insistant sur les déclarations du président ukrainien qui ont suivi la tragédie de Marioupol, prévenant ses alliés occidentaux qu'"aujourd'hui est le jour qui définit tout"

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De son côté, la presse russe passe sous silence le bombardement de l'hôpital pédiatrique, concentrant l'essentiel de sa couverture à "l'opération spéciale" qui se déroulerait dans le seul Donbass. Plusieurs titres s'intéressent surtout aux "armes biologiques financées par le Pentagone", dont l'armée russe dit avoir trouvé la trace dans des laboratoires ukrainiens. Une "découverte" qui fait dire avec emphase à la Komsomolskaya Pravda que "l'opération spéciale de la Russie a sauvé une grande partie du monde".


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