"Partygate", l'affaire qui menace Boris Johnson

Royaume-Uni : Boris Johnson sous pression après la démission de deux ministres de premier plan

Laetitia Asgarali Dumont
Publié le 6 juillet 2022 à 6h55, mis à jour le 7 juillet 2022 à 9h26
JT Perso

Source : TF1 Info

Deux ministres majeurs du gouvernement de Boris Johnson ont démissionné ce mardi 5 juillet.
Associés respectivement à la Santé et aux Finances, les deux ministres ont exprimé leur perte de confiance envers le Premier ministre britannique, au cœur de nombreux scandales.

Un coup de massue pour Boris Johnson. Deux ministres britanniques de premier plan ont claqué la porte ce mardi soir, lassés des scandales à répétition qui touchent le Premier ministre britannique. Des démissions qui fragilisent encore plus Boris Johnson dont la situation ne cesse de se complexifier.

Le ministre de la Santé Sajid Javid a présenté sa démission en expliquant dans une lettre diffusée sur Twitter que le chef du gouvernement avait "perdu sa confiance". Il a été suivi quelques minutes plus tard par le ministre des Finances, Rishi Sunak. Il est "clair que ce gouvernement est en train de s'effondrer", a réagi le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer en appelant à de nouvelles élections générales.

L'affaire Chris Pincher remet le feu aux poudres

Deux démissions éclairs alors que Boris Johnson venait publiquement de présenter ses excuses ce mardi 5 juillet. Il a reconnu avoir fait une "erreur" en nommant en février dans son gouvernement Chris Pincher. Ce dernier a démissionné la semaine dernière après avoir été accusé d'attouchements sur deux hommes. Downing Street avait pourtant dans un premier temps nié avoir été mis au courant d'accusations plus anciennes contre ce "whip" en chef adjoint, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs. 

Une version discréditée par un ancien haut fonctionnaire, poussant Downing Street à reconnaître mardi que le Premier ministre avait bien été informé en 2019 d'accusations à l'encontre de Chris Pincher, mais qu'il les avait "oubliées" en le nommant. "Je pense que c'était une erreur (de le nommer au gouvernement) et je m'en excuse", a déclaré Boris Johnson après avoir été, une fois encore, accusé de mensonges.

L'affaire Pincher aura été "la cerise sur le gâteau" pour les deux ministres, a estimé sur la chaîne Sky News le député conservateur Andrew Bridgen. "Il est temps que Boris s'en aille. Il peut laisser traîner ça quelques heures s'il le veut. Mais moi et une grande partie du parti sommes maintenant déterminés à ce qu'il soit parti avant les vacances d'été : le plus tôt sera le mieux", a-t-il ajouté.

Une succession de scandales

Ce nouveau scandale fragilise encore plus Boris Johnson, déjà considérablement affaibli par les révélations dites du "Partygate", sur l'organisation de fêtes à Downing Street en plein confinement. Cette affaire lui avait valu une amende et un vote de défiance de son propre camp, auquel il avait survécu in extremis le mois dernier.

À cela se sont ajoutées plusieurs affaires à caractère sexuel au Parlement : un député soupçonné de viol a été arrêté puis libéré sous caution mi-mai, un autre a démissionné en avril pour avoir regardé de la pornographie à la Chambre sur son téléphone portable, et un ancien député a été condamné en mai à 18 mois de prison pour l'agression sexuelle d'un adolescent de 15 ans.

Le départ de ces deux députés a provoqué des législatives partielles et de lourdes défaites pour les conservateurs. Le parti avait déjà essuyé un très mauvais résultat aux élections locales de mai.

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Ces scandales interviennent dans un climat social tendu avec des Britanniques exaspérés par l'inflation, au plus haut depuis 40 ans et à l'origine de grèves dans plusieurs secteurs d'activité. Selon un sondage de l'institut YouGov mardi soir, 69% des électeurs britanniques estiment que Boris Johnson, un temps très populaire, devrait démissionner. 

Lui qui a toujours refusé de quitter son poste malgré les crises a déjà nommé les remplaçants des ministres démissionnaires. Nadhim Zahawi, ancien ministre de l'Éducation, reprend le portefeuille des Finances, tandis que Steve Barclay, jusque-là chargé de la coordination gouvernementale, hérite de la Santé.

D'autres ministres, dont la cheffe de la diplomatie Liz Truss, la ministre de l'Intérieur Priti Patel et celui de la Défense Ben Wallace, continuent de soutenir Boris Johnson selon certaines sources dans leur entourage.


Laetitia Asgarali Dumont

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